Histoire de la radioactivité :
la radioactivité naturelle : un pas vers le nucléaire



La radioactivité aujourd'hui (1/7)

En marge de cette terrible course à l'armement, la recherche fondamentale se poursuivit, aboutissant à la découverte de quatre nouveaux éléments chimiques - ces éléments précisément nécessaires à compléter la classification périodique. En 1937, Emilio Gino Segré et Carlo Perrier parvinrent ainsi à mettre en évidence, sur la surface du déflecteur du cyclotron de Berkeley longtemps exposée à des flux de deutons, le technétium (Z = 43), ce radioélément de 2,6 millions d'années de période dont il n'existe aucun isotope stable connu à ce jour. En 1939, Marguerite Perey nomma francium (Z = 87) le plus lourd des alcalins découvert dans un embranchement d'une famille radioactive naturelle - celle de l'actinium. En 1940, le bombardement de bismuth par des particules a aboutit à la découverte de l'astate (Z = 85), le plus lourd des halogènes, également présent à l'état naturel. En 1947 enfin fut mise en évidence, parmi les produits de fission de l'uranium, l'existence d'une nouvelle terre rare, le prométhium (Z = 61).

Progressivement, il apparut que le tableau périodique des éléments n'était pas uniquement constitué d'isotopes stables. Les isotopes radioactifs nouvellement découverts y avaient également leur place. Tels le neptunium (Z = 93), le plutonium (Z = 94), l'américium (Z = 95) ou bien encore le curium (Z = 96), ces éléments plus lourds que l'uranium (Z = 92) que les chercheurs de l'Université de Berkeley, sous la conduite de Glenn Theodore Seaborg (1912 - 1999), bombardèrent de neutrons ou de particules chargées préalablements accélérées pour produire de nouveaux transuraniens, constitués d'un nombre de nucléons plus important encore.


Les transuraniens sont ces éléments de la classification périodique situés au-delà de l'uranium.


En 1949 fut ainsi obtenu, par le bombardement a de l'américium 241, le tout premier échantillon de berkélium (Z = 97), de période 4,5 heures. Le curium 242, soumis à un bombardement identique, donna quant à lui naissance, en 1950, à un isotope du californium (Z = 98) de 44 minutes de période. Dans les débris d'une explosion thermonucléaire furent découverts, en 1952, les deux transuraniens suivants : l'einsteinium (Z = 99) et le fermium (Z = 100), résultant de la capture de neutrons par l'uranium 238, puis d'une chaîne de radioactivités b. En bombardant de particules a l'einsteinium produit dans un réacteur nucléaire, l'équipe de Glenn Theodore Seaborg synthétisa, en 1955, l'isotope 256 du mendelevium, cet élément de numéro atomique égal à 101. Puis fut obtenu, en 1957-58, en bombardant un échantillon de curium d'ions carbone, un isotope du nobélium (Z = 102). Cette même technique de bombardement par ions lourds fut utilisée à produire l'élément suivant, le lawrentium, de numéro atomique égal à 103. C'était en 1961, au Lawrence Radiation Laboratory de Berkeley.

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