Histoire de la radioactivité :
la radioactivité naturelle : un pas vers le nucléaire



La fission nucléaire (1/6)

Trop occupé, dans les années suivant la découverte de la radioactivité artificielle, à équiper la France en installations (laboratoires) et matériel (accélérateurs de particules) nécessaires à la production de nouveaux radioéléments artificiels et donc au développement de la biologie moléculaire et de la médecine nucléaire, Frédéric Joliot ne put qu'assister aux progrès réalisés alors dans les laboratoires du monde entier - celui d'Enrico Fermi à Rome, en particulier.

Soucieux de découvrir de nouveaux radioéléments artificiels, le jeune chercheur s'était procuré d'importantes sources de béryllium et de radon. Autant de sources de neutrons dont la pénétration au sein des noyaux atomiques se trouvait facilitée par leur neutralité électrique : au contraire des particules chargées, ceux-ci ne rencontrent aucune barrière coulombienne, en effet. Aussi pouvait-il espérer découvrir des radioéléments de numéro atomique bien supérieur à celui des radioéléments produits par le bombardement de protons, deutons, ... même accélérés. Seul, puis aidé de plusieurs chercheurs de l'Institut du Radium à Paris, il entreprit une étude systématique des éléments de la classification périodique, par ordre de numéro atomique croissant. Le fluor, cet élément de numéro atomique égal à 9, fut le tout premier et donc le plus léger à se révéler radioactif - sa période n'excédait pas les dix secondes. Puis furent mises en évidence l'activité de l'aluminium, celles du silicium, du chrome, du fer, de l'argent et de l'iode.

Enrico Fermi (1901-1954)


Le 16 juin 1934, l'équipe de Rome était déjà en mesure d'annoncer la découverte de quarante-sept radioéléments parmi les soixante-huit étudiés. Le 24 octobre de cette même année, elle découvrait que la capture des neutrons par les noyaux d'atomes était d'autant plus efficace que ces neutrons étaient animés d'une vitesse lente. Et pour cause, ils passaient plus de temps alors à proximité des noyaux ! Afin d'obtenir un plus grand nombre de radioéléments, il leur suffisait donc de ralentir les neutrons incidents en interposant des écrans d'eau ou de paraffine sur leur passage. Ce qu'ils firent, pour chacun des éléments de la classification périodique jusqu'au plus lourd d'entre eux connu alors, l'uranium, de numéro atomique Z égal à 92.

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