La découverte de la radioactivité naturelle (3/8)
Dans sa note aux Comptes Rendus de l'Académie des Sciences du 12 avril 1898 présentée par Gabriel Jonas Lippmann (1845 - 1921), Marie Curie précise que "deux minéraux d'uranium, la pechblende (oxyde d'urane) et la chalcolite (phosphate de cuivre et d'uranyle), sont beaucoup plus actifs que l'uranium lui-même". Pourtant, la chalcolite qu'elle synthétise à partir de produits purs ne se révèle pas plus active qu'un autre sel d'urane. Elle en conclut très justement : "Ce fait est très remarquable et porte à croire que ces minéraux peuvent contenir un élément beaucoup plus actif que l'uranium". Soucieux de vérifier cette hypothèse pour le moins osée, Pierre abandonne ses recherches en cours et se joint aux travaux de Marie. Ensemble, ils effectuent des séparations chimiques et mesurent la radioactivité des divers produits obtenus. Une radioactivité qui ne fera que croître à mesure que l'échantillon gagnera en pureté. A partir d'une pechblende deux fois plus active que l'uranium, ils obtiendront ainsi une substance dont l'activité est quelques quatre cents fois plus importante ! Une substance dont les propriétés analytiques ne sont pas sans rappeler celles du bismuth et qu'ils proposeront de nommer polonium, en souvenir des origines de Marie, dans une note datée du 18 juillet 1898. |