| Afin de stopper les particules a émises lors de la désintégration du polonium 210 en plomb 206 - des particules dont l'énergie atteint les 5,3 millions d'électron-volts -, Frédéric et Irène disposent une mince feuille d'aluminium à proximité de la source de polonium. Le rayonnement de faible intensité pénètre seul alors dans une chambre Wilson préalablement plongée dans un champ magnétique de 400 gauss. Apparaissent nettement ainsi, sur chacune des photographies, les trajectoires courbées des particules chargées traversant le gaz de la chambre. Celles d'électrons négatifs naturellement, mais aussi celles de quelques protons, produits de la réaction :
où le silicium 30 constitue un isotope stable du silicium. A leur grande surprise, de nombreuses trajectoires d'électrons positifs apparaissent également. Ces traces disparaissent totalement lorsque la mince feuille d'aluminium est remplacée par une feuille d'argent, de paraphine ou de lithium. Preuve que ces positons ne proviennent pas de la source de polonium mais sont produits lors de la rencontre des particules émises par le radioélément et l'aluminium. Les calculs montrent qu'un positon est émis pour environ deux millions de particules a incidentes. Leur spectre en énergie s'étend par ailleurs jusqu'à 3 MeV - soit bien au-delà de celui des électrons négatifs. Enfin, un résultat analogue est obtenu lorsqu'une mince feuille de bore remplace celle d'aluminium. |