Histoire de la radioactivité :
la radioactivité naturelle : un pas vers le nucléaire



La découverte de la radioactivité naturelle (2/8)

Au travers diverses expériences, Henri Becquerel démontrera que ce rayonnement possède, outre la particularité de décharger les corps électrisés, celle de ne pas faiblir en intensité sur de longues durées. Là s'arrêta sa contribution à cette science du rayonnement qui, bientôt, sous l'impulsion de Pierre (1859-1906) et Marie (1867-1934) Curie notamment, connaîtra un formidable développement. C'est que, sur le conseil de Pierre, Marie avait pris pour sujet de thèse l'étude de ces rayons uraniques, en effet.


Pierre (1859-1906) et Marie (1867-1934) Curie, un couple de légende


Nous sommes à la toute fin de l'année 1897. Dans un atelier vitré situé au rez-de-chaussée de l'Ecole de physique et chimie industrielles de la ville de Paris, Marie installe le matériel nécessaire à mesurer, avec précision, des courants électriques de très faible intensité. A l'aide de cet appareillage constitué d'un quartz piézo-électrique conçu par Jacques et Pierre Curie, d'un électromètre à quadrants et d'un condensateur à plateaux parallèles, elle effectue ses premières mesures de conductibilité de l'air - effet "visible" des radiations uraniques. Puis, elle étend cette étude à d'autres substances : à des métaux, des sels, des oxydes, ainsi qu'à divers minéraux empruntés au Museum d'Histoire Naturelle. Il lui apparaît ainsi qu'un autre élément lourd, le thorium, émet lui aussi des radiations spontanées et ce, quel que soit l'état chimique ou physique dans lequel il se trouve. Marie le qualifie de radioactif.


Dispositif imaginé par Marie Curie pour mesurer la conductibilité de l'air provoquée par la radioactivité :
la présence d'un radioélément sur le plateau inférieur de la chambre d'ionisation reliée à une batterie
se traduit par l'ionisation des atomes et molécules d'air situé entre les deux plateaux, soit par la création
d'un courant électrique de faible intensité. Dès lors que le plateau supérieur n'est plus relié à la terre, des
charges électriques s'y déposent, provoquant la déviation de l'aiguille de l'électromètre reliée à un petit
miroir - une déviation dont la valeur est obtenue par l'émission d'un rayon lumineux en direction de ce
miroir et sa réflexion sur une échelle graduée. En compensant la quantité d'électricité reçue par
l'électromètre par celle fournie par un quartz piézo-électrique soumis à une traction ou une compression,
Marie parvient à mesurer l'intensité du courant électrique généré par le rayonnement. C'est que
le quartz, soumis à une traction toujours plus faible, libère à chaque instant une quantité
d'électricité connue en effet, qui maintient le spot lumineux à la graduation désirée.

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