Histoire de la radioactivité :
la radioactivité naturelle : un pas vers le nucléaire



En route vers le nucléaire (3/10)

Irène Curie fait, en 1926, la connaissance de Frédéric Joliot (1900 - 1958), cet ancien élève de Paul Langevin (1872 - 1946) à l'Ecole de Physique et Chimie industrielles de la ville de Paris, récemment nommé préparateur particulier de Marie Curie. Elle l'initie aux travaux en cours sur la radioactivité et aux techniques expérimentales employées. En fin expérimentateur, ce dernier concevra, dès 1927, une méthode de suivi, en temps réel, de la désintégration a du polonium. L'étude électrochimique des éléments qui s'ensuivra constituera d'ailleurs le sujet de sa thèse de doctorat.



A l'aide de ce dispositif, Frederic Joliot parvient à étudier les propriétés électrochimiques du polonium. Cet élément, dissous en solution ionique, est placé entre deux électrodes, l'anode A et la cathode C, soumises à une différence de potentiel. Il se dépose donc, selon sa forme ionique, sur l'une ou l'autre électrode. Ne reste dès lors plus qu'à suivre, en temps réel, l'émission des particules alpha, à l'aide de l'une ou l'autre chambre d'ionisation.

Désormais unis pour la vie, Irène et Frédéric travaillent de concert sur les propriétés ionisantes du rayonnement a émis, lors de sa désintégration spontanée, par le polonium 214. La durée de vie de ce radioélément est si courte cependant - inférieure au dixième de milliseconde -, qu'aucune photographie de sa transmutation en plomb 210 ne peut être réalisée. Aussi Frederic imagine-t-il, en 1931, une nouvelle chambre Wilson : une chambre à pression variable. En travaillant à de très basses pressions - inférieures au soixante-quinzième de la pression atmosphérique -, il parvient à allonger les trajectoires des particules considérées en effet, à les figer sur une plaque photographique, donc.




A l'aide de sa chambre Wilson basse pression, Frédéric Joliot put photographier la transmutation d'un noyau d'actinon, cet isotope du radon, an actinium A (AcA), qui lui-même se désintègre en actinium B (AcB), en émettant une particule a

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