Histoire de la radioactivité :
la radioactivité naturelle : un pas vers le nucléaire



En route vers le nucléaire (2/10)

Dans les année vingt, les propriétés des particules a émises lors de la désintégration spontanée de divers radioéléments constituent l'un des sujets d'étude les plus en vogue - le sujet de thèse d'Irène Curie (1897 - 1956), notamment. Ses fonctions de préparatrice à l'Institut du Radium - ce laboratoire français de recherches sur la radioactivité que dirige Marie Curie - la conduisent tout naturellement à développer des procédés de séparation, de purification et de mesure de radioactivité des éléments découverts par ses parents - de l'élément polonium notamment, présent, sous différentes formes isotopiques, dans les ampoules ayant jadis contenu du radon, cette émanation du radium (Voir la famille radioactive de l'uranium).

Les travaux d'Irène portent plus particulièrement sur la mesure du pouvoir d'ionisation des particules a émises par le polonium 218 et le polonium 214, deux radioéléments de courtes demi-vies : 3 minutes et 0,16 milliseconde, respectivement. Les clichés obtenus à l'aide d'une chambre Wilson laissent ainsi apparaître une étroite relation entre la longueur de la trajectoire de chaque particule a émise et l'énergie qu'elle transporte - ou différence d'énergie entre le noyau final et le noyau initial : la longueur de cette trajectoire est d'autant plus grande que la particule considérée transporte une énergie élevée, en effet. Phénomène auquel Salomon Rosenblum, lui aussi membre du laboratoire de l'Institut du Radium, apportera une explication, quelques années plus tard.


Salomon Rosenblum découvre, en 1929, que l'énergie de la particule a émise par un noyau de thorium C (bismuth 212) dans son état fondamental, dépend de l'état d'excitation du noyau final : le thorium C", qui se désexcite en émettant des rayons g. Ainsi l'énergie des particules a est-elle discrète. Ce résultat vint confirmer celui obtenu, en 1914, par James Chadwick, alors élève d'Ernest Rutherford au Cavendish Laboratory de Cambridge.

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