Histoire de la radioactivité :
la radioactivité naturelle : un pas vers le nucléaire



La découverte de la radioactivité naturelle (1/8)

Paris, le 20 janvier 1896. Henri Poincaré (1854-1912) présente à ses collègues de l'Académie des sciences toute une série de clichés réalisés, quelques semaines auparavant, par Wilhelm Konrad Röntgen (1845-1923), un physicien de l'Université de Würzburg en Allemagne. Bien plus que de simples clichés, il s'agit en réalité de véritables radiographies de la main, obtenues en disposant cette partie du corps humain sur le trajet d'un rayonnement très pénétrant, capable de traverser l'air, le verre, le papier et le bois ; un champ électrique et un champ magnétique sans que sa trajectoire rectiligne s'en trouve déviée, qui plus est.





Ci-contre figure le portrait de Wilhelm Konrad Röntgen (1845-1923),
dont la découverte des rayons X fut récompensée par l'attribution
du tout premier prix Nobel, celui de 1901 en l'occurrence.


Ce rayonnement aux propriétés si particulières fut baptisé X ou Röntgen, et soupçonné, à juste titre par son découvreur, d'être de nature électromagnétique - semblable au rayonnement solaire, donc, bien qu'invisible et beaucoup plus énergétique. Il résultait de l'impact d'un faisceau de rayons cathodiques - dont Sir Joseph John Thomson (1856-1940) démontrera l'année suivante qu'il s'agissait en réalité d'un faisceau d'électrons - sur la paroi de verre d'une enceinte vide de tout gaz.

Henri Poincaré suggéra que cet étrange rayonnement était très certainement lié à la phosphorescence du verre - en d'autres termes, que le rayonnement émis par une substance phosphorescente préalablement exposée à la lumière du jour était semblable au rayonnement X. Ce qu'Henri Becquerel (1852-1908) s'empressa de vérifier, au moyen d'un sel d'uranium ou sulfate double d'uranyle et de potassium. Comme prévu, le sel d'uranium, après avoir été exposé aux rayons du Soleil, impressionna une plaque photographique. Mais, fait étrange, cette impression demeura, plusieurs jours après que l'exposition eût cessé. Ce qui laissait à penser que le sel d'uranium constituait la source d'un rayonnement invisible et pénétrant, de nature encore inconnue. Un rayonnement dont l'émission caractérisait également une solution de sel d'uranium phosphorescent. Ainsi, cette émission de radiations uraniques ne dépendait-elle, en tout état de cause, ni d'une exposition préalable à la lumière du jour, ni de l'état (de combinaison) chimique dans lequel se trouvait l'élément uranium. Elle en constituait une propriété intrinsèque, qu'il fallait tenter de mieux cerner.


Henri Becquerel (1852-1908)

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