L'orientation astronomique des pyramides d'Egypte


Examen de la validité de la nouvelle hypothèse orientationnelle (4/4)

Exhaustivité de l'échantillon étudié

L'hypothèse des transits simultanés de Kate Spence, égyptologue à l'Université de Cambridge (38), conduit en revanche à dater l'érection des pyramides de Gizeh du milieu du XXVème siècle avant notre ère, soit un siècle environ après les règnes supposés des pharaons Khéops, Khéphren et Mykérinos. En l'an 2467 avant notre ère, les culminations supérieure et inférieure des étoiles dzeta Ursae Majoris et beta Ursae Minoris s'effectuaient simultanément dans le ciel nord. La projection au sol, à l'aide d'un instrument comme le merkhet principalement constitué d'un fil à plomb, de la droite reliant l'une et l'autre étoiles circumpolaires, aurait donc pu conduire à la détermination précise de la direction septentrionale (39). Sous l'effet de la précession des équinoxes toutefois, les culminations supérieure et inférieure de l'une et l'autre étoiles ne s'effectuèrent plus simultanément. Ainsi la droite les reliant s'éloigna-t-elle progressivement du méridien septentrional, dans les directions de l'est ou de l'ouest selon que la culmination inférieure ou supérieure de l'une ou l'autre étoiles est considérée.


Selon que beta Ursae Minoris et dzeta Ursae Majoris effectuent leur culmination supérieure ou inférieure,
la droite reliant l'une et l'autre étoile se décale vers l'est ou vers l'ouest du méridien septentrional.


Cette vitesse d'éloignement, voisine de 19 secondes d'arc par an, n'est pas sans rappeler la pente de la droite reliant les écarts à l'est vrai relevés sur les pyramides de Houni, Snéfrou, Khéops, Mykérinos et Néférirkarê (figure). Ce qui incita Kate Spence à envisager l'hypothèse selon laquelle l'observation répétée, sur plusieurs centaines d'années, de la simultanéité des culminations supérieure et inférieure des étoiles dzeta Ursae Majoris et beta Ursae Minoris, conduisit aux écarts à l'orientation est-ouest relevés sur sept pyramides de l'Ancien Empire : l'orientation astronomique des pyramides de Houni, Snéfrou, Khéops, Mykérinos et Néferirkarê résulterait ainsi de la projection au sol de la droite joignant beta Ursae Minoris et dzeta Ursae Majoris - l'étoile beta Ursae Minoris effectuant sa culmination supérieure à l'instant précis auquel dzeta Ursae Majoris effectuait sa culmination inférieure -, tandis que les écarts à l'alignement est-ouest relevés sur les pyramides de Khéphren et Sahourê résulteraient de l'observation répétée de la simultanéité de la culmination inférieure de beta Ursae Minoris et de la culmination supérieure de dzeta Ursae Majoris.

Appliquée aux étoiles gamma Ursae Majoris et delta Ursae Majoris, la théorie des transits simultanés permet de déduire l'orientation des pyramides de Houni, Snéfrou, Khéops, Mykérinos et Néferirkarê de l'observation de leurs culminations supérieures et d'expliquer l'orientation des pyramides de Khéphren et Sahourê par l'observation de leurs culminations inférieures (40). Qu'en est-il toutefois des pyramides de Djoser, Djedefrê et Ounas ? La théorie des transits simultanés, appliquée par Kate Spence aux étoiles beta Ursae Minoris et dzeta Ursae Majoris et par Juan Antonio Belmonte aux étoiles gamma Ursae Majoris et delta Ursae Majoris, ne semble fournir aucune explication des écarts à l'orientation est-ouest relevés sur ces édifices de l'Ancien Empire. Notre nouvelle hypothèse orientationnelle, basée sur l'observation des azimuts de disparition des étoiles alpha et beta Canis Minoris dans le ciel nocturne ou crépusculaire, présente quant à elle l'intérêt de rendre compte des écarts à l'alignement est-ouest relevés sur l'ensemble des pyramides constituant l'échantillon étudié.

38. Spence, Kate, "Ancient Egyptian chronology and the astronomical orientation of the pyramids", Nature Volume 408, Novembre 2000, pages 320-324.
39. Juan Antonio Belmonte, dans son article intitulé "On the orientation of Egyptian pyramids", Archaeoastronomy n°26, JHA XXXII, 2001, pages S1-S20, a appliqué l'hypothèse de Kate Spence à deux autres étoiles : gamma Ursae Majoris et delta Ursae Majoris. Leurs culminations supérieure et inférieure s'effectuaient simultanément vers l'an 2562 avant notre ère. Ce qui permet de dater la pyramide de Khéops de cette époque, conformément aux chronologies historiques établies.
40. Belmonte, Juan Antonio, "On the orientation of Egyptian pyramids", Archaeoastronomy n°26, JHA XXXII, 2001, pages S1-S20.

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