L'orientation astronomique des pyramides d'Egypte


L'hypothèse d'une orientation équatoriale (1/3)

L'application continue de la méthode bissectorielle semble fournir une explication correcte des écarts à l'alignement nord-sud relevés sur la plupart des pyramides de l'Ancien Empire. Une ou plusieurs étoiles de faible diamètre apparent et de brillance élevée, puis le Soleil, auraient ainsi fait l'objet d'observations répétées de la part des prêtres-astronomes de la IVème, puis des Vème et VIème dynasties. Cette méthode, basée sur l'observation d'astres de caractéristiques apparentes différentes, présente l'avantage de rendre qualitativement compte de la disparité de ces écarts à l'orientation cardinale. Qu'en est-il toutefois de l'aspect quantitatif ? Aidés de dévelopements numériques récents, ne pouvons-nous rechercher une catégorie d'étoiles possiblement utilisées à orienter les édifices de la IVème dynastie ?

Voila précisément ce qu'entreprit Steven C. Haack, un astronome américain de l'Université du Nébraska, dans les années 1980 (22). Il nota tout d'abord que les écarts à l'est vrai relevés sur les pyramides de Houni à Meidoum, Snéfrou à Dachour, Khéops et Mykérinos à Gizeh, enfin Néferirkarê à Abousir, se distribuaient le long d'une droite dont la pente paraissait proche, en valeur absolue, de vingt secondes d'arc par an. Cette donnée expérimentale avoisine le taux maximal de variation de la déclinaison d'une étoile, sous le seul effet de la précession des équinoxes. Elle suggère que l'observation répétée, sur plus d'une centaine d'années, de la position de lever ou de coucher d'une même étoile au-dessus de l'horizon terrestre, est possiblement responsable des écarts à l'est vrai relevés sur ces monuments (23).


Les écarts moyens à l'orientation cardinale de quelques-unes des pyramides de l'Ancien Empire
se distribuent le long d'une droite dont la pente est voisine du taux maximal de variation
de déclinaison d'une étoile sous le seul effet de la précession des équinoxes.


En effectuant le rapprochement entre ces écarts à l'orientation cardinale, d'une part, les effets de la précession, d'autre part, de tels écarts n'apparaissaient donc plus comme des erreurs imputables à l'observateur ou aux instruments de son observation, mais bien plutôt comme les conséquences de ce phénomène astronomique - des conséquences inéluctables puisqu'intimement liées aux interactions gravitationnelles entre la Terre et les autres corps du système solaire (Soleil, Lune, planètes, etc.).

22. Haack, Steven C., "The astronomical orientation of the Egyptian pyramids", Archaeoastronomy n°7, JHA XV, 1984, pages S119-S124.
23. Steven C. Haack ne disposait vraisemblablement pas des écarts à l'orientation cardinale relevés sur la pyramide "rouge" de Snéfrou à Dachour, la pyramide de Djedefrê à Abou Roach et la pyramide d'Ounas à Saqqarah. Son étude s'est donc limitée aux pyramides de Djoser, Houni, Snéfrou (pyramide "rhomboïdale"), Khéops, Khéphren, Mykérinos, Néférirkarê et Sahourê.

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