L'orientation astronomique des pyramides d'Egypte


Introduction (1/3)

Les pyramides de l'Ancien Empire font partie de ces merveilles architecturales dont la perfection d'exécution ne cesse d'étonner. Outre leur magnificence, elles possèdent une remarquable caractéristique commune : l'orientation de leurs faces en direction des points cardinaux. Cette orientation fut particulièrement bien réalisée par les architectes des pharaons Houni, Snéfrou, Khéops, Khéphren et Mykérinos. Leurs pyramides respectives ne présentent qu'un faible écart à l'orientation cardinale en effet - inférieur à 20 minutes d'arc -, qu'il convient de comparer avec l'écart de 3 degrés caractérisant la pyramide de Djoser à Saqqarah


Ecarts moyens à l'orientation cardinale de onze pyramides de l'Ancien Empire (9).


Est-ce à dire que la méthode utilisée à l'orientation de ces édifices sacrés s'améliora avec le temps ? Ou que les architectes de la IVème dynastie utilisèrent une méthode orientationnelle différente de celle de leurs prédécesseurs ? Difficile sinon impossible, pour l'instant, de répondre à cette question. Les textes égyptiens relatifs à la méthode employée à l'orientation des édifices sacrés sont peu nombreux en effet, tardifs et protocolaires, qui plus est. En outre, ils se réfèrent invariablement aux cérémonies de fondation des temples, auxquelles le roi se devait de participer (10).

9. La valeur des écarts à l'orientation cardinale relevés sur ces pyramides est extraite des articles suivants : Spence, Kate, "Ancient Egyptian chronology and the astronomical orientation of pyramids", Nature Volume 408, Novembre 2000, pages 320-324 et Mathieu, Bernard, "Travaux de l'Institut Français d'Archéologie Orientale en 2000-2001", BIFAO Tome 101, 2001, pages 457-459. Les deux pyramides de Snéfrou, généralement qualifiées de "rhomboïdale" et de "rouge", figurent au sein de notre échantillon. Contrairement à Kate Spence, nous avons attribué à la pyramide de Sahourê un écart à l'orientation est-ouest égal à 1°53', afin de tenir compte du déplacement de la base de la pyramide de 1,5°. Enfin, la chronologie adoptée est intermédiaire entre les chronologies "haute" et "basse" définies par J. Malek, "The Old Kingdom", The Oxford history of Egypt, Oxford, 2000, pages 89-117 et J. Baines, J. Malek, "Egipto : Dioses, templos y faraones", Atlas culturales del mundo, Barcelona, 1988, page 36.
10. Edwards, I.E.S, "The pyramids of Egypt", Penguin Books, 1993, page 248.

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