La survivance du concept pyramidal


Une sécurité encore renforcée (2/2)

Au cours de cette Seconde Période Intermédiaire furent érigées quelques petites pyramides de briques crues : l'une à Dachour, par l'un de ces rois Hyksos nommé Ameny Aamou, d'autres par les souverains thébains de la XVIIème dynastie, sur la rive occidentale du Nil. Un pyramidion de calcaire portant la titulature royale couronnait autrefois chacune de ces superstructures, à l'inclinaison si importante qu'elles apparaissaient semblables à de véritables pics.

Sous le règne du pharaon Ahmosis I, réunificateur des Deux Terres et instaurateur de la très glorieuse XVIIIème dynastie, s'acheva très certainement l'ère de construction des pyramides royales sur le sol d'Egypte. La portée symbolique de ce concept géométrique ne s'en trouva pour autant pas délaissée par ses successeurs directs. Ainsi les tombes des rois thébains, à partir de Thoutmosis I, furent-elles creusées en galeries, sous une falaise calcaire dont la Cime arbore, aujourd'hui encore, une forme très évocatrice. Au pied de cette pyramide naturelle aux dimensions externes encore inégalées se constituait progressivement ce qui allait devenir la très célèbre "Vallée des Rois", un cirque qui compterait bientôt près d'une centaine d'hypogées royaux.



La cime thébaine

De la protection de la Cime thébaine bénéficièrent également, bien qu'indirectement, les nombreuses tombes de princes, princesses et reines du Nouvel Empire, tout comme les sépultures de scribes, artistes et artisans ayant participé à l'édification de ces monuments sacrés. A la différence de ces tombes privées, aucune pyramide faite d'un agencement de blocs de pierre calcaire ou de briques ne surmontait plus les demeures d'éternité destinées à abriter le corps de Pharaon ou celui des membres de sa famille. Ce souci constant d'inviolabilité s'exprima également au travers l'absence, à proximité directe de la sépulture royale, de tout édifice cultuel, tel le temple mortuaire désormais relégué en contrebas, dans la Vallée.

Bien qu'une extrême discrétion entoura l'emplacement de chacun de ces lieux saints, les pillages ne tardèrent pas à survenir. Ces profanations nécessitèrent le déplacement de quelques 33 momies royales, dont celles de Thoutmosis III, Séthi I et Ramsès II, afin d'en assurer une protection plus efficace.

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