Cet ingénieux dispositif, que les pyramides ultérieurement érigées sur les sites de Mazghouna (XIIème dynastie) et de Saqqarah Sud (XIIIème dynastie) renfermeront également, venait ainsi renforcer la sécurité déjà apportée par l'extraordinaire complexité du cheminement interne à l'édifice. Dissimulation de l'entrée de la pyramide royale, disposition, le long de la descenderie, de multiples systèmes de herses et couloirs factices, associées à l'invisibilité de la chambre sépulcrale centrale, se révélèrent cependant totalement inaptes à protéger la dépouille mortelle de Pharaon. Aussi l'enfouissement, dans le sol de la cuve en quartzite, du sarcophage royal et du récipient destiné à abriter les vases canopes, fut-il, en dernier recours, envisagé. L'efficacité de cette ultime mesure de protection, adoptée au coeur d'une pyramide anonyme de la XIIIème dynastie, ne fut cependant jamais démontrée, l'édifice étant vraisemblablement demeuré à l'état inachevé.

En haut à gauche : La chambre sépulcrale de Khendjer (dynastie XIII) En haut à droite : Pyramidion en granit noir de la pyramide de Khendjer (dynastie XIII)
Ce profond désir de rendre ces monuments d'éternité impénétrables se transforma, au cours de la XIIIème dynastie, en une impérieuse nécessité, l'Egypte entrant alors dans une ère très mouvementée, directement comparable à la Première Période Intermédiaire. L'affaiblissement du pouvoir central coïncidant avec le vaste mouvement ethnique secouant l'Asie occidentale, le royaume se trouvait de nouveau divisé. Réfugiés à Thèbes, les souverains d'origine égyptienne (XVIIème dynastie) n'offrirent, durant près de deux siècles, que peu de résistance face aux Hyksôs, ces conquérants asiatiques (XVème et XVIème dynasties) dont l'influence politique s'étendait à la Basse et à la Moyenne Egypte.
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