La survivance du concept pyramidal


Le retour aux sources

De part et d'autre de la pyramide d'Amenemhat II furent érigés, sous les règnes de Sésostris III et Amenemhat III, pharaons de la XIIème dynastie, deux ensembles funéraires surmontés chacun d'une pyramide de briques crues aux dimensions externes et à l'inclinaison plus importantes encore. Naturellement décalée par rapport au nord, l'entrée de chacun de ces édifices laissait apparaître un véritable enchevêtrement de galeries souterraines, sur les parois desquelles plusieurs niches avaient été greffées : de telles petites salles forées sous la pyramide d'Amenemhat III abritaient, pour la première fois depuis le règne de Djoser, les tombes destinées aux membres de la famille royale. Leur accès précédait généralement la chambre sépulcrale centrale, à l'intérieur de laquelle un sarcophage de pierre au couvercle bombé reposait. Sur le pourtour de la base des deux sarcophages royaux fut soigneusement gravé un motif, dont le moindre détail semblait faire écho à l'enceinte bastionnée de Djoser.



Les restes de la pyramide de briques crues qu'Amenemhat III fit ériger à Dachour (dynastie XII)

Une telle symbolique funéraire, de toute évidence empruntée au génie d'Imhotep, s'exprima également au travers l'architecture de briques crues développée dans les ensembles funéraires de Sésostris III à Dachour et Amenemhat III à Hawara : ainsi la pyramide royale se dressait-elle, comme à Saqqarah, dans la partie septentrionale de chacun de ces complexes, dont la superficie rectangulaire était autrefois délimitée par une enceinte, pareillement constituée de parties alternativement rentrantes et saillantes. Une entrée, également située dans l'angle sud-est de ce mur extérieur, marquait jadis l'aboutissement de la chaussée montante qui reliait le temple de la vallée au temple haut - temple haut dont l'édification, à Hawara, s'opéra étrangement sur la face méridionale de la pyramide royale.

Nombre de rituels datant du règne de Djoser semblent avoir été régulièrement pratiqués au sein de cet édifice cultuel que les Grecs assimilèrent, tant le cheminement intérieur était propice à l'égarement, à un véritable "Labyrinthe". De labyrinthe pourrait également être qualifiée la structure interne de la pyramide royale dont la complexité, pour des raisons de sécurité, se trouvera ultérieurement encore renforcée.

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