La survivance du concept pyramidal


Une tradition vivace (2/2)

Un petit lac souterrain s'était également formé au coeur d'une pyramide voisine, celle de Sésostris I, fils et successeur immédiat du roi Amenemhat I. Inondée, la chambre sépulcrale se trouvait dès lors munie d'une protection dont l'efficacité surpasserait tout autre système de fermeture classique - herses, blocs de pierre, ... - déjà en place. Par un mur d'eau horizontal s'achevait ainsi le couloir descendant, dont l'extrémité supérieure avait été creusée dans le pavement d'une petite chapelle d'offrandes, située sur la face septentrionale de l'édifice central.

Le massif de cette pyramide présente par ailleurs une structure toute particulière, parfaitement révélatrice des différentes techniques employées à sa construction. Il apparaît ainsi que de gros blocs de calcaire, du sable et du limon furent utilisés au remblaiement des espaces laissés vacants par l'agencement géométrique des quelques seize murs de soutènement - dispositif dont la cohésion fut efficacement assurée par l'ultime adjonction d'un parement de calcaire fin extrait des carrières de Tourah.



Plan du complexe pyramidal de Sésostris I à el-Licht (dynastie XII)

Sur sa face orientale était accolé un petit temple mortuaire, dont les divers éléments constitutifs - cour à portiques, corridors, magasins, niches à statues, sanctuaire - étaient disposés suivant le plan caractéristique des deux dernières dynasties de l'Ancien Empire. La partie intime de cet édifice sacré, tout comme la petite pyramide secondaire ancrée sur sa face méridionale, se situaient à l'intérieur de l'enceinte délimitant cet ensemble de résurrection, centré sur la pyramide royale. Enfin, neuf petites pyramides de reines, toutes pourvues de leurs propres édifices cultuels, étaient disposées de part et d'autre de ce complexe, qu'un second mur de briques entourait.

L'extension orientale de cette enceinte extérieure se limitait toutefois à l'entrée du temple haut, qu'une chaussée montante large de plus de cinq mètres reliait au temple de la vallée. De magnifiques bas-reliefs représentant des scènes classiques de la vie quotidienne - chasse, pêche, apport d'offrandes, ... - ornaient les parois calcaire de ce corridor par ailleurs jalonné, sur toute sa longueur, de nombreuses statues figurant le roi ressuscité, à l'image du dieu Osiris.

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