La survivance du concept pyramidal


D'hypothétiques pyramides ? (2/2)

Une hypothèse semblable, également soulevée par le Papyrus Abbott, fut sérieusement envisagée par divers archéologues contemporains du début du XXème siècle, tels Naville, Hall et Winloch, dont les recherches portaient plus particulièrement sur le site de Deir-el-Bahari, face à Karnak. En ce lieu subsistent les vestiges d'un complexe architectural que Neb-Hepet-Rê Montouhotep, successeur direct du roi Antef III et réunificateur des Deux Terres, avait fait ériger.

Ce gigantesque monument dont le plan d'ensemble, très novateur, ne sera en partie repris que quelques cinq cents ans plus tard par Senmout, le célèbre architecte de la non moins illustre reine Hatchepsout (XVIIIème dynastie), était accessible, depuis le temple de la vallée, par une chaussée montante non couverte, bordée de statues royales accolées aux murs de pierres adjacents. Une rampe issue d'une vaste cour peuplée de dizaines de sycomores et autres tamaris conduisait, vers l'ouest, à une première terrasse reposant sur une double rangée de piliers carrés.


En haut à gauche : Restitution du temple funéraire de Montouhotep à Deir el-Bahari par Naville et Winlock
En haut à droite : Restitution du temple funéraire de Montouhotep à Deir el-Bahari par Dieter Arnold.


Depuis l'entrée située à l'extrémité supérieure de la rampe était accessible la structure interne de cet édifice - une salle aux parois ornées de multiples bas-reliefs symboliquement protégés par deux ou trois rangées de colonnes octogonales. Sur sa face occidentale, une petite cour à portiques débouchait sur une grande salle hypostyle de forme rectangulaire, dont plus de quatre-vingts colonnes polygonales supportaient la toiture. Un autel auquel la statue du ka royal faisait face constituait, enfin, le sanctuaire, soit la partie la plus intime du temple. Creusée sous la falaise, la chambre sépulcrale abritait une petite chapelle de granit et d'albâtre, à l'intérieur de laquelle divers équipements funéraires furent disposés. Elle faisait ainsi écho à une petite salle forée sous le noyau central du temple, véritable cénotaphe où furent entassés quelques objets de culte.

Ce second dispositif souterrain, accessible par une vaste fosse creusée dans le sol de la cour d'entrée, se voyait donc surmonté de deux terrasses de conception architecturale identique qu'un monument à base carrée venait finalement couronner. Longtemps assimilé à une petite pyramide, ce dernier édifice aurait en réalité simplement incarné, aux dires de Dieter Arnold, la notion de tertre primordial.

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