L'uniformisation du complexe pyramidal


Un recueil de pierres très fragmenté (3/3)

Des fragments épars

Au sentiment de splendeur architecturale jadis procuré par les ensembles pyramidaux de Djoser, Snéfrou, Khéops ou Khéphren, succéda donc, vers la fin de l'Ancien Empire, la sensation de magnificence artistique dégagée par les multiples inscriptions hiéroglyphiques soigneusement gravées sur les parois calcaires de quelques appartements funéraires. Autrefois destinés à assurer la vie éternelle à l'âme du pharaon défunt, ces textes ont aujourd'hui pour vocation essentielle de nous renseigner sur les croyances "religieuses" des anciens Egyptiens, sur leur propre perception du monde de l'au-delà, sur leur vision de la création du monde, ... Aussi constituent-ils un véritable recueil de pierre, dont les multiples fragments se trouveraient éparpillés sur les parois intérieures de plusieurs pyramides tardives, telles celles des pharaons Ounas (Vème dynastie), Téti, Pépi I, Merenrê, et Pepi II (VIème dynastie), ou bien encore Aba (VIIIème dynastie).


Restitution du temple bas
de Pépi II (dynastie VI)

La totalité de ces ensembles funéraires aujourd'hui presque totalement détruits fut érigé dans la nécropole de Saqqarah, à relative proximité de la pyramide à degrés du pharaon Djoser. Si les dimensions externes de la pyramide centrale - dont la hauteur n'excéda guère les 56 mètres - s'uniformisèrent, l'agencement des divers édifices cultuels se fit conformément au plan précédemment établi par le Maître d'Oeuvre du pharaon Ounas : la construction, sur la face nord de l'édifice central, d'une petite chapelle d'offrandes dont les murs étaient jadis ornés de bas-reliefs, semble en constituer la seule véritable innovation architecturale.


Le champ des pyramides peuplant la nécropole
de Saqqarah à la fin de l'Ancien Empire



Une fausse-porte se dressait face à l'entrée de la pyramide, que la chute d'énormes blocs de pierre due aux multiples destructions humaines, bloquait. Un tel état de désolation caractérisait également la chambre sépulcrale souterraine, dans laquelle fut généralement retrouvés tout ou partie d'un sarcophage de pierre (grès, granit, basalte, ...) ainsi que la fosse rectangulaire ayant servi à abriter les vases canopes. Le contenu extrêmement compact et rigide de l'un de ces vases d'albâtre découvert dans le dallage de la salle funéraire de Pepi I, constitue, à l'heure actuelle, le seul et unique exemplaire qui nous soit parvenu d'une époque si reculée.

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