L'uniformisation du complexe pyramidal


Un recueil de pierres très fragmenté (2/3)

Le premier livre de pierres

Ce souci d'innovation architecturale n'épargna pas davantage la structure interne de la pyramide centrale - un édifice dont la hauteur d'origine paraît inférieure à celle de toute autre pyramide érigée sous l'Ancien Empire -, à laquelle une descenderie issue de la base de la face Nord conduisait tout naturellement. Un système de trois herses en granit bloquaient autrefois l'accès, depuis une antichambre, à un petit vestibule à base carrée débouchant sur deux salles diamétralement opposées : l'une comportait trois niches à statues, tandis que la seconde, contre la paroi occidentale de laquelle un sarcophage d'albâtre noir dépourvu de toute inscription était entreposé, faisait office de chambre funéraire.

De blocs d'albâtre étaient également revêtues les parois situées à proximité immédiate de ce sarcophage rectangulaire : pierre magnifiquement ornée de bas-reliefs représentant la façade d'un palais, le palais de l'invisible, à laquelle une fausse-porte, la porte de l'au-delà, donnait symboliquement accès. Un contraste fort opposait donc de tels motifs peints de couleur foncée à la blancheur éclatante dégagée par la pierre calcaire employée partout ailleurs au revêtement mural de chaque appartement funéraire. Un tel symbolisme architectural, que l'emploi de couleurs chatoyantes ne faisait que renforcer, sera communément adopté à l'intérieur des pyramides de quelques-uns des successeurs d'Ounas, parmi lesquels Teti, Pepi I, Merenrê, et Pepi II, tous pharaons de la VIème dynastie.


Inscriptions gravées sur les parois internes de la pyramide d'Ounas (dynastie V)



Sur les murs du petit vestibule d'entrée, ainsi que sur les parois calcaire de la chambre sépulcrale d'Ounas furent gravées, puis peintes de couleur vert bleutée, des colonnes verticales d'inscriptions hiéroglyphiques : les Textes des Pyramides, bien qu'ils fussent vraisemblablement d'origine très lointaine, faisaient donc ici leur première apparition. Ces textes traitaient indifféremment des divers rituels célébrés à l'intérieur du temple mortuaire, du trajet parcouru par le pharaon défunt en direction du monde de l'au-delà - l'univers céleste que la voûte ornée d'étoiles à cinq branches incarnait parfaitement -, ou bien encore de la course qu'il devait ensuite quotidiennement effectuer aux côtés de l'astre du jour,... Tout un ensemble d'hymnes et incantations diverses donc, de source vraisemblablement héliopolitaine, dont les parois intérieures des pyramides ultérieurement édifiées seront semblablement ornées.

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