L'uniformisation du complexe pyramidal


Abousir : un plateau ensoleillé (3/4)

... aux pyramides du plateau d'Abousir

La pyramide de Sahourê qui jadis s'élevait à une hauteur supérieure à 50 mètres, se trouve aujourd'hui, à l'image des autres superstructures du plateau d'Abousir, dans un état de délabrement total. Du parement originel en calcaire fin de Tourah, seuls quelques fragments subsistent, ça et là, totalement incapables de masquer la structure en gradins initiale. Des chutes de pierres en ont, de plus, partiellement obstrué la descenderie issue de la base de la face Nord - celle-ci conduisait, par l'intermédiaire d'un couloir horizontal autrefois bloqué par un système de herses en granit, à la chambre sépulcrale centrale, oblongue dans le sens est-ouest. Surmontée d'une magnifique voûte en chevrons constituée d'énormes blocs de calcaire, elle abritait encore, lors de sa récente découverte par Perring, les fragments d'un sarcophage de basalte poli dépourvu de toute inscription. Chacun de ces éléments de construction internes à l'édifice, à l'exception de quelques rares extrémités de granit, était autrefois recouvert d'un parement de calcaire fin. Autant d'éléments constitutifs qui seront semblablement disposés à l'intérieur des pyramides de Néferirkarê et Néouserrê.


Bien que brutalement interrompue par la disparition soudaine de Néferirkarê, l'édification de son complexe architectural se poursuivit sous les règnes de deux de ses successeurs, Néferefrê et Néouserrê. La pyramide centrale, dont le parement en calcaire fin de Tourah dissimulait sa structure initialement composée de gradins, atteignait alors une hauteur proche de 75 mètres, la faisant ainsi apparaître légèrement plus grande que celle du pharaon Mykérinos. L'emploi de la brique et du bois succédèrent cependant à l'utilisation antérieure de la pierre dans le parachèvement de certains édifices cultuels, tels le temple mortuaire. Ainsi des colonnes de bois lotiformes reposant sur une base calcaire furent-elles, par exemple, employées à en soutenir les toitures. Le temple de la vallée, tout comme la chaussée montante le reliant habituellement à l'enceinte du complexe, demeurèrent en revanche inachevés, Néouserrê envisageant de les incorporer à son propre ensemble funéraire.


Structure étagée de la pyramide de Neferirkarê à Abousir.

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