L'uniformisation du complexe pyramidal


Abousir : un plateau ensoleillé (1/4)

Conformément aux dires prophétiques d'un magicien de la cour du roi Khéops à jamais inscrits sur le Papyrus Westcar, se produisit, au tout début de la Vème dynastie, un renforcement majeur du culte de . L'édification, sous les règnes de six pharaons de cette époque, de temples solaires surmontés chacun d'un obélisque de calcaire ou de granit - véritable réplique du plus parfait symbole de la cité sainte d'Héliopolis - en constitue le témoignage archéologique.


Des temples solaires d'Abou Gourab ...

Les vestiges de deux de ces temples attribués, l'un à Ouserkaf, le second à Néouserrê, ont été retrouvés, au nord de la nécropole de Saqqarah, en un lieu appelé Abou Gourab, situé en bordure septentrionale du plateau d'Abousir. Des deux édifices en pierres, celui de Néouserrê, symboliquement élevé au sommet d'une butte artificielle recouverte, sur ses quatre faces, d'un parement de calcaire fin, demeure le mieux préservé. Sur la face orientale de l'obélisque fait d'un agencement de pierres calcaires, se dresse un autel constitué de cinq blocs d'albâtre encore en place : quatre tables d'offrandes orientées perpendiculairement aux quatre directions cardinales entourent ainsi une pierre centrale, d'aspect cylindrique. Cette cour pavée était autrefois accessible, depuis le temple de la vallée, par une chaussée montante abritant un couloir fermé - corridor dont les parois étaient magnifiquement ornées de multiples peintures et bas-reliefs. Une grande variété d'espèces animales et végétales y étaient représentées, des cérémonies de fondation y étaient gravées...


Reconstitution des plateaux d'Abousir et Abou Gourab


Temple de la vallée, chaussée montante, temple haut, sanctuaire aux offrandes... autant d'édifices sacrés dont les fonctions et les dispositions relatives rappellent étrangement celles des divers éléments constituant le complexe pyramidal. L'obélisque, dont le minutieux agencement de pierres sera ultérieurement remplacé par un imposant monolithe, incarne ici, à l'image de la pyramide centrale, le naos, véritable saint des saints, que seuls quelques rares initiés pouvaient pénétrer de leur âme purifiée.

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