Gizeh : un plateau merveilleux (4/7)
La Grande Pyramide
Le temple de la vallée de Khéphren, aux murs de calcaire recouverts de granit rouge poli d'Assouan, recouvrait une base carrée atteignant 45 mètres de côté : deux entrées, autrefois symboliquement protégées par deux sphinx, donnaient accès au hall, dans lequel les restes de vingt-trois statues de Pharaon sculptées dans la diorite, le schiste ou l'albâtre, reposaient. Des ouvertures avaient été pratiquées dans les parois et le plafond de granit de ce hall, afin de permettre leur éclairage indirect. Autant d'indices laissant supposer la performance de cérémonies funéraires, tel le rituel de l' "Ouverture de la Bouche", au sein de ce temple à l'architecture très développée.
Le sphinx de Gizeh
Au pied des pyramides de Khéops et de Khéphren, en bordure orientale du plateau calcaire de Gizeh, les artisans de Pharaon transformèrent un noyau rocheux primordial en une sculpture à jamais vivante : adoptant une position couchée, un lion au visage humain surmonté de la coiffure royale y fut admirablement façonné. Entre les pattes de ce gardien intemporel fut érigée, au cours du Nouvel Empire, une stèle en granit rouge, gravée d'un songe : le songe d'un jeune prince, pleinement reconnaissant au sphinx pour lui avoir confié, en tant que Thoutmosis IV, la responsabilité du double pays en échange de son propre désensablement.

Le sphinx de Gizeh vu sous deux angles différents
L'omniprésence de ce sable, bien que responsable d'une lente et inexorable érosion de la roche calcaire, aura pourtant, quelque cinq millénaires durant, assuré la préservation de ce site majestueux. Un lieu dont la magie se trouve renforcée encore par les vestiges d'un petit temple ayant jadis abrité, dans sa partie centrale, une table d'offrandes, entourée, sur ses faces orientale et occidentale, de deux sanctuaires en apparence quasiment identiques. Une cérémonie semble y avoir été quotidiennement célébrée, en l'honneur des trois aspects complémentaires du dieu Soleil unique : Khépri à son lever, Rê lors de sa culmination supérieure, et Atoum lors de sa disparition sous l'horizon occidental. Cette célébration ne faisait en réalité que renforcer le symbolisme dégagé par la désignation égyptienne - "Horus dans la contrée de lumière" - attribuée à ce colosse haut de plus de vingt mètres, et long de près de soixante-quinze mètres.
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