Introduction de la notion de Terre sphérique
L'introduction de la notion de Terre sphérique est généralement attribuée à Pythagore. Ainsi donc, elle remonterait au Vème siècle avant notre ère. Auparavant, la Terre revêtait bien souvent un aspect plat ou montagneux. En particulier dans l'Antiquité égyptienne, mésopotamienne et chinoise (voir Quelques cosmogonies antiques). En effet, les anciens égyptiens figuraient la Terre sous les traits du dieu Geb, en position allongée, que le dieu de l'Air Chou maintient éloigné de la déesse du ciel, Nout. Les Sumériens attribuaient à la Terre l'aspect d'une montagne isolée dans un paysage désertique et surmontée d'un dôme métallique figurant le ciel. Puis les Babyloniens formulèrent l'idée d'une Terre entourée d'eau. De même les Chinois imaginaient la Terre entourée de quatre mers peuplées de monstres et autres dragons censés dévorer le Soleil ou la Lune lors d'éclipses. Les premiers Grecs, tels Anaximandre (vers 611 - 547 BC), considéraient que la Terre est un astre plat isolé dans un univers sphérique.
Le fait d'attribuer à la Terre une forme sphérique expliquait les raisons pour lesquelles le premier élément observable d'un navire approchant une côte est son mât ; l'ombre projetée de la Terre sur la Lune lors d'éclipses est toujours circulaire ; ou bien encore la hauteur des étoiles au-dessus de l'horizon terrestre est intimement liée à la latitude du site d'observation. S'ensuivirent diverses tentatives de mesure de la circonférence terrestre. Celle d'Eratosthène (276 - 195 BC), qui consistait à mesurer l'ombre projetée du Soleil en deux villes situées sur un même méridien et dont la distance est connue - Alexandrie et Assouan, aboutit à une valeur assez proche de la réalité : 39690 km.
Formulation de l'idée d'une Terre en mouvement
La toute première formulation d'une Terre en mouvement remonte à la fin du Vème siècle avant notre ère. Elle est attribuée au pythagoricien Philolaos de Crotone. Selon lui, la Terre, à l'image des autres astres, est sphérique et animée d'un mouvement de rotation autour d'un feu central qui occupe le milieu du cosmos. La durée de ce mouvement, fixée à 24 heures, fournit l'explication du mouvement diurne des étoiles : leur apparition au-dessus de l'horizon oriental, leur culmination dans le méridien du lieu puis leur disparition à l'ouest.
Cette explication diffère de l'idée communément répandue selon laquelle la voûte céleste toute entière est en rotation autour d'une Terre fixe, immuable, occupant le centre de l'Univers. Toutefois, elle ne fut pas reprise ni développée par ses successeurs directs, parmi lesquels Platon (vers 428 - 347 BC), Eudoxe de Cnide (409 - 356 BC) et Aristote (384 - 322 BC), qui distribuèrent chacun des objets célestes sur des sphères centrées sur la Terre. Ainsi, les étoiles furent-elles distribuées sur une sphère animée d'un mouvement de rotation uniforme autour d'un axe fixe passant par le centre de la Terre et le pôle nord céleste dont la hauteur au-dessus de l'horizon local coïncide avec la latitude du site d'observation. Au total, 55 sphères concentriques supportaient les mouvements des corps célestes. Il faudra attendre Héraclide du Pont (388 - 310 BC) puis Aristarque de Samos (vers 310 - 250 BC) pour voir resurgir l'idée d'une Terre en mouvement : en rotation sur elle-même et autour du Soleil, le fameux « feux central » des pythagoriciens, considéré comme fixe, à l'image des autres étoiles.
Détermination de l'obliquité de l'écliptique
Dans l'Antiquité, les observations astronomiques étaient rapportées à de grands cercles centrés sur la Terre : le cercle de l'horizon en Egypte ancienne, le cercle de l'écliptique en Mésopotamie, l'équateur céleste en Chine. Pratiquement, l'écliptique ou plan de l'orbite terrestre s'obtient en notant chaque jour les positions de lever et de coucher du Soleil sur l'horizon. L'équateur céleste se situe quant à lui dans un plan perpendiculaire à l'axe de rotation de la Terre, cette droite joignant le centre de la Terre au pôle Nord céleste.
Au IIIème siècle avant notre ère, les plans de l'écliptique et de l'équateur céleste sont donc clairement définis. C'est Eratosthène qui détermina l'inclinaison de l'écliptique sur l'équateur céleste et fixa sa valeur à 23,5°. Il semble qu'il l'ait déduite de la mesure des hauteurs de culmination du Soleil à deux instants particuliers de l'année : les solstices d'été et d'hiver. |