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La transmission des informations par voie orale
Cet ensemble de "techniques de survie" constitua l'héritage culturel d'homo sapiens. Un héritage qu'il lègua, quelques 100 000 ans avant notre ère, à son successeur direct, homo sapiens sapiens, sous forme principalement gestuelle et sonore. C'est que le langage articulé, structuré au plan grammatical - par opposition à l'expression animale -, fit tardivement son apparition, en effet. Si l'acquisition de la position redressée avait rapidement permis aux cordes vocales de correctement se positionner, des millions d'années furent nécessaires en revanche au développement des zones cérébrales directement impliquées dans la compréhension et la production des éléments du langage articulé. Telle la zone de Wernicke, généralement située sur le lobe temporal gauche et chargée de recevoir les informations visuelles et auditives, de les analyser puis de les transmettre à l'aire de Broca, située sur le lobe frontal et responsable de l’expression écrite et orale.

Localisation des zones cérébrales responsables de la communication orale
Le langage articulé, propre à l'homme, est plus qu'un mode de communication. Il est un mode de transmission (des acquis culturels : taille de la pierre, aménagement de l'habitat, maîtrise du feu, pratiques funéraires, ...), de création (de nouveaux savoirs, de nouvelles technologies) et d'interprétation (de faits environnants) à part entière. En un mot, une condition indispensable à l'évolution culturelle et intellectuelle de l'humanité, dont l'évolution accompagna celle de l'Homme, d'ailleurs.
Constitués d'un grand nombre de sons et de termes qui demeureront à jamais inconnus, le ou les protolangages se structurèrent progressivement, grammaticalement parlant, pour finalement donner lieu aux multiples langues que nous connaissons aujourd'hui. Des langues classées en familles indo-européenne, malayo-polynésienne, afro-asiatique, amérindienne, ... Des langues qui toutes diffèrent par les phonèmes et les structures grammaticales qu'elles emploient. Des langues qui toutes cependant puisent leurs caractéristiques au sein de ce fonds commun de phonèmes et de structures permis par divers facteurs physiologiques - la gamme de sons produits par le corps humain est nécessairement limitée - et sémantiques - l'esprit doit être capable de traiter le sens des paroles émises. Autant de ressemblances et de différences linguistiques plaidant à la fois en faveur du monogénétisme - cette théorie suggérée par Gottfried Whilelm Leibniz (1646-1716) selon laquelle l'ensemble des langues anciennes et modernes dériveraient d'une protolangue unique - et du polygénétisme - théorie selon laquelle la diversité des langues actuelles s'expliquerait par l'existence de plusieurs protolangues, qui se seraient simultanément développées en divers endroits du globe.
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