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La perception par les sens (2/2)
Généralement attribués à homo habilis (-2,5 millions d'années => -1,5 millions d'années), leur conception et leur utilisation reflètent la complexification progressive des activités cérébrales. Il s'agit là d'une conséquence directe de l'augmentation de la taille du cerveau, elle-même permise par l'adoption de la station érigée bipède, qui s'est accompagnée d'un déplacement du trou occipital vers la base du crâne. L'homme moderne ou homo sapiens sapiens dispose ainsi d'une boîte crânienne dont le volume est quelque trois fois supérieur (1400 cm3) à celui d'australopithèque (440 cm3). A l'âge adulte, tout au moins. Car il naît en réalité avec 25% de ses capacités cérébrales seulement - contre 50% pour australopithèque et 65% pour le chimpanzé. Dépourvu de la plupart de ses capacités innées mais doté d'un fort potentiel de développement, le nouveau-né doit donc passer par une longue phase d'apprentissage - de douze années environ -, faite de stimulation et de dépendance à l'adulte.

De gauche à droite : vestiges des crânes d'australopithèque, d'homo habilis et d'homo sapiens sapiens.
Cette augmentation de volume cérébral s'effectua principalement sous le règne d'homo erectus (-1,5 millions d'années => -300 000 ans), successeur direct d'homo habilis, concepteur des premiers bifaces - ces pierres taillées de façon symétrique - et nomade hors pair. Après avoir colonisé les régions tropicales et subtropicales de l'Eurasie, voici près d'un million d'années, ce dernier peupla les régions tempérées en effet, quelques 500 000 ans plus tard. Puis il traversa la barrière océanique pour conquérir l'Australie, quelques 55 000 ans avant notre ère ; le Nouveau Monde enfin, quelques 30 000 ans avant notre ère. Preuve que ses techniques de locomotion s'étaient notablement améliorées pour aboutir à une forme primitive de navigation. Preuve également de ses capacités physiologiques à s'adapter à tout nouvel environnement.
En cela, homo sapiens (-300 000 ans => - 100 000 ans) et son successeur direct, homo sapiens sapiens (-100 000 ans => + 2000), diffèrent nettement de leurs ancêtres primates. Jamais plus la survie de notre espèce ne serait conditionnée par l'environnement extérieur, en effet. Jamais plus une mutation génétique ne serait nécessaire à notre adaptation à de nouvelles conditions climatiques et géophysiques. Et pour cause : la diversification de notre alimentation, la construction de notre habitat, le port de vêtements adaptés, la maîtrise du feu, ... constituaient désormais autant d'atouts nécessaires à survivre dans des circonstances différentes, dans des environnements toujours plus variés, soumis à des changements réguliers.
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