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Les langages successifs de la science : de précieux témoins de l'évolution humaine
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Les toutes premières modélisations de la réalité observée (2/2)
S'intéressant davantage aux processus de création et de structuration de l'univers qu'aux mouvements dont il est le siège, Démocrite d'Abdère, dans la continuité de son maître, Leucippe de Milet (460-370 avant notre ère), développa quant à lui une théorie basée sur le concept d'atomes et de vide. Une théorie visant à expliquer la diversité et la complexité des structures existantes par la voie purement mécaniste, donc. Une théorie s'opposant à celle des substances primordiales prônée en son temps par Thalès de Milet, puis reprise et développée par ses successeurs de l'Ecole éléate. C'est que la diversité d'opinions était de mise en effet, en Grèce antique. Tout comme la théorie héliocentrique d'Aristarque de Samos s'opposait à la vision géocentrique de l'univers, cette approche atomiste défiait toute conception substantialiste de la matière. Et pour cause : les conceptions héliocentrique et atomistique résultaient d'approches purement mécanistes de la Nature - par opposition aux visions géocentrique et substantialiste, attribuant la réalité observée à un architecte suprême - Dieu. |
| Dans la mouvance des atomistes, Archimède de Syracuse opta pour une approche mécaniste de la Nature. En témoigne sa proposition de dénombrer les grains de sable que pourrait contenir l’Univers tout entier, se substituant ainsi aux dieux du panthéon grec. En témoigne également le contenu de ses traités, précédés pour certains d'une préface relative aux méthodes employées pour démontrer la loi du levier selon laquelle "deux corps s'équilibrent à des distances inversement proportionnelles à leurs poids", ou bien encore aboutir à ce fameux principe fondamental de l'hydrostatique selon lequel "tout corps plongé dans un fluide subit une poussée verticale, dirigée de bas en haut, égale au poids du fluide déplacé". Archimède fut par ailleurs un mécanicien de génie - l'invention de nombreux dispositifs tels la vis sans fin, la poulie mobile et l'engrenage lui est effectivement attribuée -, constituant par là-même une véritable source d'inspiration pour Héron d'Alexandrie, ce mathématicien grec du Ier siècle avant notre ère dont quelques-uns des traités qui nous sont parvenus, relatifs aux automates, aux machines de guerre ou de levage, reflètent l'intérêt pour les mathématiques appliquées. |  Archimède de Syracuse (287-212 avant notre ère) |
Ce ne fut pas le cas de Diophante d'Alexandrie, dont les ouvrages décrivent la méthode employée à déterminer les solutions rationnelles d'équations à plusieurs inconnues. Parce qu'il eut l'idée d'exprimer les données d'un problème sous forme d'équations explicitant l'indéterminé, ce mathématicien grec du IIIème siècle de notre ère fut considéré comme le "père de l'algèbre" par ses éminents successeurs des XVIème et XVIIème siècles. A tort toutefois, si l'on en croit diverses études contemporaines : l'algèbre, en tant que discipline mathématique à part entière - pourvue d'un nom, d'objets, d'outils, de preuves et de domaines d'application -, est véritablement née dans le Monde Arabe en effet, au VIIIème siècle de notre ère, sous l'impulsion du mathématicien et astronome Muhammad ibn Musa al-Khwarizmi (780-850). Le terme "algèbre" dérive d'ailleurs du terme al-jabr désignant l'une des étapes conduisant à la résolution des équations du premier et du second degré à une seule inconnue.
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