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Les toutes premières modélisations de la réalité observée (1/2)
Les uns et les autres ne se limitèrent toutefois pas à des recherches purement théoriques. Ils s'intéressèrent également aux applications possibles de leurs mathématiques. Ainsi, la contribution des pythagoriciens à la mécanique céleste influença-t-elle notablement le développement de cette discipline : ceux-ci furent les premiers en effet à assimiler la Terre et les autres planètes du système solaire, à des sphères gravitant autour d'un feu central. Formé à cette école de pensée, Eudoxe de Cnide imagina quant à lui un système de sphères homocentriques dont le centre est occupé par la Terre et dont les mouvements de rotation autour d'axes inclinés s'effectuent à des vitesses différentes, afin de rendre compte du phénomène de rétrogradation planétaire. Ce phénomène, tout comme celui de préférence zodiacale d'ailleurs, à défaut d'être correctement expliqué dans le cadre du modèle géocentrique, fit l'objet de nombreuses modélisations géométriques, en effet. Des modélisations reposant généralement sur une ingénieuse combinaison d'épicycles et d'excentriques. Tel le système de Ptolémée, dont la validité demeurera longtemps admise - jusqu'aux travaux de Nicolas Copernic (1473-1543) et Johannes Kepler (1571-1630), en réalité.

Le système du pythagoricien Philolaos de Crotone (à gauche) et la mesure de la circonférence terrestre par Eratosthène (à droite)
Dans son fameux ouvrage intitulé l'Almageste, Claude Ptolémée (100-170) se fit en outre l'écho des formidables progrès réalisés en trigonométrie - cette branche des mathématiques qui traite des relations entre les côtés et les angles des triangles - depuis l'Antiquité égyptienne et mésopotamienne. Des progrès qui permirent à l'astronome grec Eratosthène (276-194 avant notre ère) de fournir une première estimation de la circonférence de la Terre et de l'obliquité de l'écliptique. Des progrès que l'on doit principalement à Hipparque d'Alexandrie (190-120 avant notre ère), par ailleurs découvreur du phénomène de précession des équinoxes et concepteur du système de latitudes et de longitudes permettant de précisément localiser toute position géographique. Des progrès qui se traduisirent par la construction des premiers astrolabes, ces instruments permettant de mesurer la position angulaire des astres sur la voûte céleste, et donnèrent naissance à l'astronomie sphérique.
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