| Tout au long de son histoire, débutée au milieu du troisième millénaire avant notre ère, la Phénicie (le Liban actuel) constitua un véritable carrefour d'échanges culturels ; ses habitants, de part leur forte implication dans le commerce maritime, de remarquables vecteurs de ces échanges dans l'ensemble du bassin Méditerranéen.
Après s'être débarrassée des influences sumérienne et akkadienne (2500 - 2000 avant notre ère), puis de la domination égyptienne (1800 - 1400 avant notre ère), cette région proche-orientale fut conquise par les Assyriens au VIIIème siècle avant notre ère. Puis, elle fit partie intégrante de l'empire perse à compter de l'an 539 avant notre ère ; enfin, de l'empire grec à compter de l'an 332 avant notre ère. A ses habitants, les Grecs empruntèrent leur système d'écriture, au sein duquel ils introduisirent quelques symboles supplémentaires - plusieurs consonnes et surtout des voyelles. En distinguant ainsi les sons vocaliques des sons consonantiques, ils parvinrent, dès l'an 800 avant notre ère, à un alphabet complexe, dénué de toute ambiguité sonore et sémantique, capable de fidèlement retranscrire chacune des nuances sonores de leur langue, donc. En cela, l'alphabet grec constitua une formidable avancée, qui profitera ensuite aux alphabets étrusque, latin, cyrillique, ...
Aux Egyptiens et aux Mésopotamiens, les Grecs empruntèrent très tôt, par la voie de Thalès de Milet (625-547 avant notre ère) notamment, ce fondateur de la toute première école de pensée rationaliste grecque, leurs acquis arithmétiques et géométriques : le système de numération décimal pour la mesure de quantités usuelles (distances, ...), le système de numération sexagésimal pour les mesures d'angles et de temps, les méthodes de calcul des surfaces et des volumes simples, les algorithmes de résolution des équations du second et du troisième degré, ...
Loin de considérer ces acquis mathématiques comme de simples outils de gestion administrative ou de construction d'édifices cultuels, Thalès, Anaximandre (611-547 avant notre ère), Anaximène (586-526 avant notre ère), Pythagore (570-490 avant notre ère) et leurs successeurs directs, les utilisèrent à des fins de meilleure compréhension de la Nature environnante. Ainsi Thalès émit-il l'hypothèse selon laquelle un principe naturel - l'eau, en l'occurrence - régissait la Nature toute entière, rompant ainsi avec les explications mythologiques des prêtres égyptiens et mésopotamiens. Sa vision géométrique - pour ne pas dire cylindrique - de l'univers, tout comme sa découverte de l'obliquité de l'écliptique et son introduction du cadran solaire, valurent quant à elles à Anaximandre l'épithète de "père de la cosmologie". A Pythagore et ses disciples revint enfin le mérite d'avoir jeté les bases de la théorie des nombres, dotant ainsi les mathématiques d'un fondement scientifique - de ce fondement indispensable à rechercher les lois de la Nature.
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