Les langages successifs de la science :
de précieux témoins de l'évolution humaine


La parfaite transcription écrite du langage oral

Les deux plus anciens systèmes d'écriture que sont le hiéroglyphique et le cunéiforme seraient vraisemblablement demeurés inchangés si les populations d'Egypte et de Mésopotamie n'étaient fréquemment entrées en contact avec les peuplades voisines - par le biais d'invasions et d'échanges commerciaux, notamment.

Inventé par les Sumériens au milieu du quatrième millénaire avant notre ère, le système cunéiforme fut ainsi repris - pour transcrire leur langue sémitique - par les Akkadiens, auxquels succédèrent les Assyriens et les Babyloniens qui le diffusèrent largement dans tout le Proche et Moyen-Orient - en Anatolie, en Syrie, en Perse, et même en Egypte, où il fut utilisé à la correspondance diplomatique. Adapté à diverses langues locales - le hourite en Mésopotamie du Nord, en Syrie et en Asie Mineure ; l'éblaïte en Syrie ; le hittite, le louvite et le palaïte en Asie Mineure ; l'ourartéen en Arménie ; l'élamite en Perse -, le système cunéiforme évolua, donnant naissance à de nouveaux systèmes d'écriture, tels l'ougaritique et le vieux perse. Des systèmes qui tous conservaient le clou comme élément de base mais différaient du système sumérien par la forme et l'utilisation des caractères. De logo-syllabique (système dans lequel chaque pictogramme correspond à une syllabe), le système cunéiforme se mua progressivement ainsi en système alphabétique (système dans lequel chaque signe graphique représente un ou plusieurs phonèmes), capable de retranscrire la plupart des nuances linguistiques. En témoigne ce texte cunéiforme découvert à Ougarit, sur la côte septentrionale de la Syrie, vestige d'un alphabet constitué de 30 signes consonantiques (système dans lequel chaque signe correspond à un son) dont l'utilisation remonterait au XIVème siècle avant notre ère. En témoigne également le système perse de la période achéménide (550 - 350 avant notre ère), constitué de 36 caractères pour la plupart alphabétiques.




Etendue de l'Empire Perse des Achéménides au Vème siècle avant notre ère. La Mésopotamie, littéralement "entre deux fleuves", couvrait alors l'est de la Syrie, le sud-est de la Turquie et l'Irak actuels.
Afin d'écrire leur propre langue, les populations sémites de Palestine et de Syrie empruntèrent quant à elles au système hiéroglyphique égyptien une partie de son syllabaire (système dans lequel chaque syllabe est représentée par un seul symbole). L'existence de cette écriture semi-alphabétique dérivée de l'égyptien ancien est attestée par diverses inscriptions proto-sinaïques et proto-cananéennes datées du XVIème siècle avant notre ère. Des inscriptions dont la ressemblance avec celles retrouvées à Ougarit amena nombre de chercheurs contemporains à supposer que le tout premier alphabet serait en réalité apparu au tout début du second millénaire avant notre ère et qu'il aurait consisté en une combinaison de symboles cunéiformes et hiéroglyphiques auxquels auraient été adjoints quelques signes d'origine crétoise et hittite. Cet alphabet sémitique constitué de 22 consonnes aurait ensuite donné naissance à l'alphabet phénicien, puis aux alphabets grec et araméen, eux-mêmes sources des alphabets cyrillique et latin d'une part, hébreu et arabe d'autre part.

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