Le détail de l'imagerie associée au Ciel Sud (3/9)
Les listes d'étoiles décanales
Le tableau comparatif suivant révèle la similitude de ces listes d'étoiles décanales et leur parenté avec l'horloge stellaire de Shemes (Assiout, dynastie XII). Trois d'entre ces listes sont tout particulièrement semblables à celle de Shemes : les listes de Senmout, de Karnak et du Ramasseum. Un même arrangement stellaire les caractérise en effet - les 23 premiers décans sont ainsi listés dans un ordre similaire à celui dans lequel ils figurent sur l'horloge de Shemes (n°19) -, la même figuration de nouveaux décans indexés a ou b, également. Otto Neugebauer et Richard A. Parker les ont d'ailleurs groupées au sein d'une même famille : la famille de Senmout, constituée au total de 18 listes datées du Nouvel Empire à l'Epoque Ptolémaïque. Ces listes diffèrent les unes des autres par le choix et l'arrangement des décans définissant les contours de la constellation d'Orion ainsi que par la nature des divinités associées à chacun des décans (111).

Tableau comparatif des listes de Shemes, Senmout, Karnak, Séthi I et Ramsès II.
Sur la liste de Séthi I en revanche, classée par Otto Neugebauer et Richard A. Parker au sein de la famille Séthi IC constituée au total de 7 listes datant de la XIXème dynastie (112), de nouvelles étoiles firent leur apparition, telles Sah ( , s#H) (décan 39a), A Sah ( , os#H) (décan 39b), Rê Sah ( , ros#H) (décan 39c), Mesedjer Sah ( , msDr s#H) (décan 39d), et Ioun Sah ( , iwn s#H) (décan 39e), relatifs à la constellation de c#H - Orion, ainsi que Hery-ib Khentou ( , Hry-ib Xntw) (décan 21c), littéralement "Celle qui se trouve au milieu de Khentou".
Par ailleurs, tout porte à croire que les constellations knmt et knmwt ne faisaient qu'une en réalité. De même ces constellations nommées srt et sit, auxquelles appartiennent les décans 15 et 16. En témoigne l'imagerie céleste illustrant leurs appellations hiéroglyphiques respectives, à savoir la commune référence à cette brebis dessinée sous les décans correspondants. Une évolution majeure, enfin, est à noter, dans l'écriture hiéroglyphique de l'étoile Sirius. Notée spd sur les horloges stellaires d'antan, elle se nomme à présent spdt. Elle demeure toutefois attachée à la déesse Isis, soeur et épouse d'Osiris que cet homme en marche nommé c#H - Orion incarne. Pas de révolution majeure, donc, juste une évolution de syntaxe, soulignant son aspect féminin.
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