Les génies d'hier et d'aujourd'hui :
moteurs ou produits de la société ?


Comment définir et reconnaître le génie ? (1/4)


Les qualités propres au génie

Aux dires du sociologue Claude Thélot, le génie est reconnaissable à plusieurs qualités : créativité, fulgurance, acharnement, multiplicité ou profondeur. La capacité à créer une oeuvre originale, personnelle, identifiable, qui transforme nos modes de pensée et d'action, est une caractéristique commune à tous les génies, qu'ils soient artistiques, littéraires, philosophiques, scientifiques, ... En d'autres termes, une condition indispensable à leur existence. Bon nombre d'entre eux sont par ailleurs fulgurants. Cette qualité, généralement liée à la précocité, caractérise essentiellement les compositeurs et les mathématiciens géniaux (Mozart, Pascal, Leibniz, Gauss), et soulève la question du don. Un don qui ne dévalorise pas le travail, loin s'en faut ! Bien souvent, le génie est un très gros travailleur, en effet. Citons, à titre d'exemple, la puissance de travail de Balzac et Flaubert, qui améliora sensiblement la qualité de leurs oeuvres respectives.


Blaise Pascal (1623-1662), Gottfried Whilelm Leibniz (1646-1716) et Carl Friedrich Gauss (1777-1855)
furent des mathématiciens de génie très précoces - fulgurants, pour reprendre le terme des sociologues.


Dans le passé, nombre de génies furent multiples, polyvalents. Ainsi l'oeuvre de Michel Ange s'étend-elle à la peinture, la sculpture et l'architecture ; celle de Descartes et Pascal à la philosophie et aux mathématiques en passant par la physique, ... Cette qualité semble se raréfier depuis le XIXème siècle, au profit toutefois d'une certaine profondeur. En témoigne l'oeuvre d'Einstein, principalement axée sur la physique, au contraire de celle de son prédécesseur Newton, connu tant pour ses travaux en mathématiques que pour ses réalisations en physique et en astronomie observationnelle.

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