Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



L'inconcevable compromission

Par respect peut-être pour le grand homme de science qu'il était, par crainte sans doute également d'offenser la puissante famille Médicis qui le soutenait, les oeuvres de Galileo ne furent pas explicitement citées. Ce dernier fut toutefois contraint par le pape Paul V, sous peine d'être emprisonné, de renoncer à professer la doctrine condamnée, à la considérer même comme une simple hypothèse de travail. Décision à laquelle il se plia en partie, décision qu'il l'obligea à se retirer dans sa résidence florentine pour poursuivre ses travaux - et ses réflexions coperniciennes -, dans la plus grande discretion. Et ce, jusqu'en l'an 1619.


Au mois de novembre 1618 apparurent trois comètes dans le ciel d'Europe. Phénomènes lumineux auxquels les savants attribuaient des natures différentes - atmosphérique, stellaire, ... -, selon qu'ils appartenaient à telle ou telle école de pensée. Aux dires des aristotéliciens, les comètes n'étaient autres que des météores atmosphériques s'élevant jusqu'à la sphère de feu où ils s'enflammaient pour être ensuite entraînés dans un cheminement circulaire par le mouvement du ciel supérieur. D'autres en revanche soutenaient la thèse de Tycho Brahé - cette thèse attribuant une origine céleste aux corps en question. Des corps auxquels l'astronome danois concéda un mouvement circulaire, afin de ne pas froisser les susceptibilités de l'époque.

Parce qu'ils estimaient les travaux de Tycho Brahé et les jugeaient compatibles avec le dogme, les jésuites s'employèrent à concilier sa thèse avec les principes métaphysiques d'Aristote. Ce qui aboutit à la publication, en 1619, d'un traité intitulé Discussion astronomique au sujet des trois comètes de l'année 1618, que le père Orazio Grassi, professeur de mathématiques au Collège romain, avait lui-même rédigé.


Tycho Brahé (1546-1601)

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