Quand le dogme commande à la science ...
Certes, Galileo n'était pas seul à oeuvrer pour le rapprochement de l'Eglise et de la science. Certains ecclésiastiques, parmi les plus cultivés et les plus libéraux de l'époque, tentèrent bien de concilier leur propre catholicisme avec la culture scientifique naissante. Tels les frères Diego de Zuniga et Paolo Antonio Foscarini, aux yeux desquels les Saintes Ecritures s'accommodaient bien mieux de l'hypothèse copernicienne que de l'hypothèse aristotélicienne. En ce début de XVIIème siècle, les rênes du pouvoir culturel étaient entre les mains des seuls jésuites et dominicains, toutefois. Eux seuls décidaient en effet de la plausibilité de telle ou telle théorie - en d'autres termes, de sa conformité ou non avec le dogme aristotélicien, véritable pierre de fondation de l'Eglise médiévale. Selon qu'elle était ou non conforme aux principes de cette physique millénaire, susceptible de renforcer l'autorité suprême de l'Eglise donc, elle était acceptée ou rejetée. Dans un tel contexte, la thèse copernicienne avait très peu de chance d'être adoptée, a fortiori soutenue, par les autorités ecclésiastiques. L'ambitieux programme culturel de Galileo s'en trouvait par là-même menacé. |