Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Quand le dogme commande à la science ...

Certes, Galileo n'était pas seul à oeuvrer pour le rapprochement de l'Eglise et de la science. Certains ecclésiastiques, parmi les plus cultivés et les plus libéraux de l'époque, tentèrent bien de concilier leur propre catholicisme avec la culture scientifique naissante. Tels les frères Diego de Zuniga et Paolo Antonio Foscarini, aux yeux desquels les Saintes Ecritures s'accommodaient bien mieux de l'hypothèse copernicienne que de l'hypothèse aristotélicienne. En ce début de XVIIème siècle, les rênes du pouvoir culturel étaient entre les mains des seuls jésuites et dominicains, toutefois. Eux seuls décidaient en effet de la plausibilité de telle ou telle théorie - en d'autres termes, de sa conformité ou non avec le dogme aristotélicien, véritable pierre de fondation de l'Eglise médiévale. Selon qu'elle était ou non conforme aux principes de cette physique millénaire, susceptible de renforcer l'autorité suprême de l'Eglise donc, elle était acceptée ou rejetée. Dans un tel contexte, la thèse copernicienne avait très peu de chance d'être adoptée, a fortiori soutenue, par les autorités ecclésiastiques. L'ambitieux programme culturel de Galileo s'en trouvait par là-même menacé.


Conscient des menaces qui pesaient également sur sa propre personne, de cette hérésie dont l'accusaient certains dominicains notamment, Galileo entreprit, dès 1615, une vaste campagne de sensibilisation à ses nouvelles théories auprès des autorités politiques et ecclésiastiques de l'époque. S'il obtint rapidement le soutien du Grand-Duc de Toscane, et parvint, au terme de débats houleux, à démontrer à ses adversaires religieux les incohérences du dogme aristotélicien, son inaptitude à correctement rendre compte des phénomènes naturels observés notamment, il échoua cependant à leur faire admettre la validité du système copernicien. Et pour cause ! Le dogme bénéficiait alors d'une énorme avance temporelle ! Il était bien plus enraciné en effet dans les esprits de l'époque que les principes de la science nouvelle. Sa suprématie culturelle était telle que l'Eglise disposait encore de beaux jours devant elle...

Cosme II de Médicis,
Grand-Duc de Toscane.


En témoigne le jugement que rendit le tribunal du Saint Office, le 24 février 1616 : les théologiens déclarèrent à l'unanimité l'incompatibilité de la thèse copernicienne avec les Saintes Ecritures. Loin de se contenter de l'invalider, ils prononcèrent, en outre, diverses sanctions à l'égard de ses partisans. Ainsi parut, le 5 mars 1616, un décret de condamnation stipulant que les ouvrages de Nicolas Copernic et Diego de Zuniga étaient retirés de la circulation, jusqu'à ce qu'ils aient fait l'objet d'une complète révision - entendez par là, correction. Le livre du père Paolo Antonio Foscarini se trouvait quant à lui sous le coup d'une interdiction totale. De même, l'ensemble des autres ouvrages enseignant cette doctrine désormais qualifiée d'hérétique.

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