L'ambitieux programme de politique culturelle (2/2)
En ce début de XVIIème siècle, le dogme et la science constituent les deux forces en présence : des forces opposées que Galileo, plutôt que de concilier, entreprend tout d'abord de nettement distinguer. Cet audacieux savant n'était pas sans savoir en effet que certains écrits sacrés, plusieurs passages de la Bible notamment, fournissaient une interprétation pour le moins erronée de la réalité observée. Ainsi y est-il affirmé, à de nombreuses reprises, que le Soleil se meut autour de la Terre. Comment l'Esprit Saint, inspirateur des auteurs de cet ouvrage de référence, avait-il pu se tromper à ce point ? Il ne s'est point trompé, répondit Galileo, mais s'est exprimé en des termes que tout un chacun serait susceptible de comprendre - la rotation du Soleil apparaît bien plus évidente aux yeux du simple observateur que celle de la Terre autour de l'astre du jour, en effet.

En ce tout début de XVIIème siècle, le système de Ptolémée jouissait toujours de l'appui de l'Eglise. Dans cet antique système, le Soleil et les planètes du Système Solaire sont en rotation autour d'une Terre centrale et immobile. NB : La figure n'est pas à l'échelle.
Ainsi l'Esprit Saint userait-il, aux dires de Galileo, de termes parfois inappropriés au nom de la sacro-sainte universalité, tandis que la science emploierait des termes bien plus concis, seuls garants d'une fidèle description des phénomènes naturels observés. Deux langages pour rendre compte d'une même réalité. L'un et l'autre pouvaient-ils coexister pacifiquement ? Les progrès à venir de la science ne risquaient-ils pas d'octroyer au langage scientifique quelque arrogante suprématie : une suprématie telle que le langage divin perdrait peu à peu de son autorité, de sa toute-puissance ? Telle était la crainte des hommes d'Eglise de ce début de XVIIème siècle. Une crainte fort justifiée, comme en témoigne notre récent passé - la perte de vitesse de l'Eglise et la montée en puissance de la science. C'est que l'exceptionnelle progression de nos connaissances scientifiques a progressivement balayé nos croyances d'antan, en effet.
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