Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



L'ambitieux programme de politique culturelle (1/2)

Ses travaux ultérieurs sur les corps flottants et les tâches solaires ne feront qu'accroître davantage encore le sentiment de crainte que suscitait déjà ce grand homme de science. Non parce que ces nouveaux travaux venaient confirmer l'archaïsme déjà maintes fois constaté de la théorie aristotélicienne, mais parce qu'ils témoignaient de la "dangereuse" évolution de pensée de leur auteur - dangereuse pour le dogme, naturellement.


Dès 1611 en effet, ce dernier échafauda un vaste programme de politique culturelle faisant la part belle aux sciences, ainsi qu'à leur diffusion. Diffuser au plus grand nombre les connaissances nouvellement acquises, éveiller l'esprit scientifique, en un mot, développer la science moderne, telle était l'ambition de Galileo - une ambition qu'il souhaitait concrétiser avec l'appui de l'Eglise, première puissance culturelle au monde. Elle seule disposait alors d'un outil de propagande suffisamment puissant en effet - le culte en l'occurrence -, pour correctement propager ces nouvelles idées dans le monde entier.





Ci-contre figure le portrait de Galileo Galilei (1564-1642)



L'obtention de ce "passeport spirituel" présupposait toutefois de réconcilier science antique et science moderne, physique aristotélicienne et physique copernicienne, sans pour autant froisser les susceptibilités, ni même renoncer à telle ou telle avancée. Tâche pour le moins difficile, sinon impossible à accomplir, de part la largeur du fossé séparant l'une et l'autre positions, de part la distance séparant l'une et l'autre tranchées. Car c'est bien d'une guerre de tranchées dont il s'agit ici en effet, de l'une de ces guerres idéologiques qui ont marqué notre passé. De l'une de ces guerres dont aucune des deux parties ne sort véritablement victorieuse - a fortiori grandie.

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