Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Le danger copernicien (2/2)

Galileo quitta Padoue pour Florence en septembre 1610. Là, il découvrit l'existence des phases de Vénus, ce qui ne fit qu'accroître sa déjà très grande notoriété, et raviver encore l'hostilité de certains à son égard. Celle de Giovanni Battista Della Porta et Johannes Kepler notamment, qui, à juste titre, lui reprochaient de ne pas mentionner leurs travaux antérieurs sur les propriétés optiques des lentilles. Celle d'Antonio Magini et du père Christophe Clavius également, qui, dans un premier temps, se refusèrent à valider les observations faites à la lunette. Celle, enfin, de nombreux savants, qui, dans le schéma aristotélicien de l'époque, ne pouvaient se résoudre à accepter la finitude de nos sens - l'imperfection de notre vue, en l'occurrence, que l'utilisation de la lunette avait mise en relief.


Car si, l'utilisation de la lunette se généralisant, les observations de Galileo trouvaient progressivement confirmation dans celles des savants de l'époque, ceux-ci n'étaient guère disposés toutefois à abandonner le schéma aristotélicien en vigueur. Le cardinal Robert Bellarmin, théologien du pape Paul V, consulteur du Saint Office et examinateur des évêques, était l'un de ces jésuites que les récentes découvertes astronomiques et l'auteur de ces découvertes inquiétaient tout particulièrement. Ces progrès de la science ne risquaient-ils pas en effet de bouleverser les sacro-saints principes de la théologie traditionnelle ?



Portrait du cardinal Bellarmin (1542-1621)



Pour s'en convaincre, il n'est qu'à citer l'exemple de la Lune, dont Galileo avait "mis en relief" la surface accidentée. Ce résultat empirique ne pouvait naturellement s'accommoder du schéma aristotélicien en vigueur, qui attribuait à tout corps céleste une forme sphérique parfaite. Le père Christophe Clavius imagina donc que notre satellite était recouvert d'une épaisse couche cristalline parfaitement transparente - invisible à l'oeil nu. Ainsi, l'un au moins des principes aristotéliciens était-il sauvé ! Galileo ne résista naturellement pas à la tentation de rejeter cette interprétation pour le moins osée de la réalité observée. Lui qui avait instauré la tradition empirique se refusait désormais à considérer comme scientifique toute hypothèse invérifiable, sortie de l'imaginaire en l'occurrence, pour mieux insérer la réalité dans le dogme. En celà, il constituait un véritable danger aux yeux des ecclésiastiques.

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