Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Le danger copernicien (1/2)

Ces preuves incontestables lui vinrent de l'utilisation de sa lunette astronomique - disposif optique dont Giovani Battista Della Porta et Johannes Kepler étaient bien les seuls alors à comprendre le fonctionnement. Galileo, quant à lui, ne disposait pas des outils théoriques nécessaires à sa compréhension. En bon expérimentateur qu'il était, il se contenta donc de vérifier, à de multiples reprises, que l'image restituée par sa lunette était agrandie, en aucun cas déformée. En d'autres termes, que son utilisation permettait seulement d'augmenter notre capacité de perception visuelle.

Lorsque, pour la première fois, il braqua son invention vers le ciel, il fit des découvertes que l'Homme n'aurait jamais imaginées : la surface de la Lune lui apparut subitement cratérisée, celle du Soleil tâchetée, la Voie Lactée constellée de milliers d'étoiles. Quatre satellites semblaient en outre graviter autour de Jupiter. Un monde merveilleux aux frontières encore inexplorées s'ouvrait aux yeux de Galileo - que dis-je, un univers merveilleux constitué d'une multitude de mondes ! C'est que toutes ces découvertes, qu'il consigna au sein d'un désormais célèbre ouvrage intitulé Le messager céleste, remettaient en cause la cosmologie aristotélicienne en effet. Mieux encore, elles confirmaient avec éclat l'hypothèse copernicienne !

Conscient de l'hostilité que ses découvertes susciteraient dans le milieu scientifique, Galileo entreprit alors de gagner le soutien de la classe dirigeante de l'époque - à commencer par celui de Cosme II de Medicis, Grand-Duc de Toscane, dont il avait jadis été le précepteur. Touché par les différentes attentions de Galileo à son égard - dédicace de son ouvrage, qualificatif de Médicés attribué aux satellites de Jupiter -, ce dernier le nomma "premier mathématicien de l'Université de Pise et philosophe du Grand-Duc Sérénissime, sans obligation d'enseigner à l'Université de Pise, ni même de résider dans cette ville".

Surface de la Lune
dessinée par Galilée

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