Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Second rejet de la physique aristotélicienne

Exit en effet l'hypothèse millénaire selon laquelle la vitesse de chute n'augmenterait que dans les tous premiers instants pour demeurer constante ensuite - une constante directement proportionnelle au poids du corps considéré, en l'occurrence. Galileo venait de démontrer qu'en l'absence de toute résistance du milieu, l'augmentation de la vitesse de chute (ou accélération) est constante, qu'elle ne dépend ni de la nature, ni du poids du corps considéré. Tel était le résultat théorique auquel sa méthode expérimentale l'avait conduit. Une véritable révolution méthodologique était en marche, qui bientôt ferait de Galileo le formidable précurseur de la science moderne - sitôt qu'il aurait appliqué sa recette magique, soit ce souci de vérification empirique de toute notion théorique, à l'étude de l'univers dans son ensemble. Il faudra pour celà attendre l'année 1609, soit cette époque à laquelle il braquera pour la toute première fois sa célèbre lunette vers le ciel ...

Une lettre à Johannes Kepler datée de 1597 atteste de l'intérêt tout particulier que nourrissait Galileo pour la chose céleste. Elles nous renseigne sur ses convictions coperniciennes, également. En l'absence de toute preuve incontestable toutefois, il se refusa longtemps à plaider cette cause en public... jusqu'à ce qu'un phénomène céleste des plus curieux se produisit, en l'an 1604, dans le ciel d'Italie. Le frère Ilario Altobelli et le Milanais Baldassare Capra l'informent alors de l'apparition d'une nouvelle étoile dans le ciel : une étoile qui demeura visible quelques dix-huit mois durant, dix-huit mois durant lesquels elle diminua progressivement d'éclat. Aux yeux de Galileo, la survenue de ce phénomène céleste confirmait la validité de la thèse copernicienne.


Cette nouvelle étoile qui apparut alors dans le ciel d'Italie n'était autre en réalité
qu'une supernovae, soit une étoile en pleine explosion thermonucléaire.


Des preuves incontestables restaient toutefois à apporter à la communauté scientifique de l'époque - une communauté dont les plus éminents représentants n'étaient autres que Kepler et les mathématiciens du Collège romain : des jésuites soucieux de préserver le système cosmologique en vigueur - aristotélicien, faut-il le rappeler. La tâche de Galileo s'avérait donc rude. Plus que sa force de conviction, sa capacité à fournir d'indiscutables résultats empiriques se révélerait capitale.

Page précédente

Page suivante