Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Le discours de la méthode galiléenne (2/2)

Dans ce même souci d'utiliser les mathématiques à de seules fins pratiques, Galileo introduisit les concepts d'infini et d'infinitésimal, indispensables à correctement définir les notions de vitesse instantanée et d'accélération sur lesquelles repose toute la physique galiléenne. Une physique du mouvement par excellence - une physique de la composition des mouvements, en l'occurrence. Composition des mouvements rectiligne uniforme (inertie) et uniformément accéléré (pesanteur) notamment, dont résulte la fameuse trajectoire parabolique. Principe théorique que les observations viennent parfaitement confirmer. Preuve, là encore, de l'efficacité de la méthode employée par Galilée.

Une méthode basée, faut-il le rappeler, sur l'indispensable complémentarité entre la déduction mathématique et la vérification expérimentale - la première assurant la logique du raisonnement conduit depuis l'hypothèse considérée jusqu'au phénomène observé, la seconde apportant l'indiscutable preuve de la validité de l'hypothèse considérée. En celà, la physique galiléenne se situait dans la continuité même des physiques platonicienne et aristotélicienne. En celà seulement. Car cette nouvelle physique, cette science moderne, pour se développer, nécessitait que souffle un vent nouveau : le vent de la liberté. Liberté de pensée, incompatible avec le carcan métaphysique dans lequel étaient enfermées les théories de l'Antiquité - ce même dogme dont se servait l'Eglise pour affirmer sa suprême autorité.

Telle était la portée philosophique de la révolution scientifique qu'institua Galilée, en effet. Une révolution qui lui valut l'interdiction de formuler toute nouvelle idée contraire au dogme en vigueur, et ce, jusqu'à la fin de ses jours. Une révolution dont l'esprit se propagera malgré tout dans les sphères cultivées de l'époque, au travers ses disciples émerveillés et ses écrits condamnés. Car le temps, jadis favorable au dogme, deviendra bientôt le précieux allié de la physique de Galilée - un allié que l'Eglise ne cherchera pas même à détourner. C'est ainsi qu'en 1757, soit 115 ans après le décès du maître, la Sacrée Congrégation de l'Index se décidera à annuler le décret interdisant la publication de toutes les oeuvres enseignant l'immobilité du Soleil et la mobilité de la Terre. Il faudra attendre novembre 1822 toutefois pour voir cette décision enterrinée par le Saint-Office ... et le 31 octobre 1992 pour assister à la réhabilitation du savant par les plus hautes autorités de l'Eglise ! Mieux vaut tard que jamais, semble-t-il !

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