Le 21 juin 1633, sous peine d'encourir la peine capitale, Galileo se résigna à abjurer : "Je ne partage pas et n'ai jamais partagé cette opinion de Copernic depuis qu'on m'a fait une intimation officielle de devoir l'abandonner. Du reste, je suis ici entre vos mains, faites de moi ce qu'il vous plaira".
Le 22 juin tomba la sentence du Tribunal : l'interdiction du Dialogue sur les deux grands systèmes et la condamnation de principe de son auteur à l'incarcération ainsi qu'à certaines pénitences salutaires, le Saint Office se réservant "la faculté de modérer, de changer ou de supprimer totalement ou partiellement les susdites peines et pénitences". Ce à quoi Galileo ajouta : "Je jure que j'ai toujours cru, que je crois maintenant, et avec l'aide de Dieu, que je croirai à l'avenir, tout ce qu'admet, prêche et enseigne la sainte Eglise catholique et apostolique".
Ces quelques mots traduisent à eux seuls le terrible sentiment d'échec qui dut alors envahir Galileo, ce grand homme de science qui savait combien la liberté de penser et de s'exprimer est indispensable à toute avancée... Seulement voilà : comme le souligne fort bien Ludovico Geymonat dans son ouvrage consacré à Galileo, "au temps de la discussion rationnelle avait succédé celui des arguments d'autorité". Ne restait dès lors plus au grand savant qu'à se retrancher, avec l'accord du Saint Office, dans sa résidence d'Arcetri, située à proximité de Florence, et à se consacrer pleinement aux seules activités de recherche scientifique autorisées - à l'étude des mouvements des corps, en l'occurrence. Cette même étude qui, paradoxalement, lui fournirait bientôt d'autres arguments en faveur de la théorie copernicienne.
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