Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Dialogue entre la science et le dogme

Sans l'esprit d'ouverture culturelle du cardinal Maffeo Barberini, élevé au rang de pape en 1623, il est fort probable que l'Essayeur n'aurait jamais obtenu l'autorisation nécessaire à son impression. Le tout nouveau souverain pontife était-il pour autant disposé à engager l'Eglise dans une voie nouvelle, faisant la part belle aux arts et aux sciences dont il se targuait d'être le protecteur ? Galileo voulut le croire ... Certes, il ne parvint pas à obtenir d'Urbain VIII la révocation du décret de 1616 - soit l'autorisation d'aborder de nouveau la question copernicienne. Certains signes d'ouverture l'incitèrent cependant à se lancer, dès 1624, dans la rédaction d'une lettre en réponse aux attaques d'un certain Francesco Ingoli visant la théorie copernicienne. Prudent, Galileo se limita toutefois à exposer les seuls critères astronomiques et philosophiques plaidant en faveur de l'héliocentrisme, laissant aux autorités ecclésiastiques le soin d'aborder l'aspect théologique du problème. Concession qui lui permit de rouvrir le débat... là était bien l'essentiel.


Contrairement à l'Essayeur, ce petit opuscule n'a donc rien de polémique. Il se contente d'exposer uns à uns les arguments défavorables au système aristotélicien et ceux favorables au système copernicien. Arguments qui, pour certains, seront d'ailleurs repris et développés dans son oeuvre majeure, dans cet ouvrage de synthèse publié en 1632 sous le titre : Dialogue de Galileo Galilei, de l'Académie des Lincei, où, en quatre journées, il est discouru des deux plus grands systèmes du monde, le ptolémaïque et le copernicien. A noter qu'il n'y est fait aucune mention du système de Tycho Brahé, que les jésuites acceptaient - sans doute parce qu'il constituait une tentative de compromission entre les thèses géocentrique et héliocentrique ? Cette compromission que Galileo détestait tant.




Frontispice du Dialogue sur les deux Systèmes.



Afin que le contenu de cette oeuvre soit accessible à tous et pénètre l'esprit de tout un chacun, sans distinction culturelle aucune, Galileo choisit de lui donner la forme d'un dialogue. Dialogue entre trois personnages de sensibilités différentes : Salviati le copernicien, Simplicio l'aristotélicien ; enfin, Sagredo l'hôte vénitien, l'instigateur de cette rencontre de quatre jours entre partisans des deux théories adverses, qui ne demandait qu'à les écouter et à les interroger pour se forger sa propre opinion. Neutre au départ, Sagredo se laissera progressivement convaincre par les arguments de Salviati toutefois ... des arguments basés sur l'expérience et la raison, auxquels Simplicio opposera finalement, en désespoir de cause, quelques-uns des aspects du dogme : l'idée de l'omnipotence divine et de la faiblesse de l'esprit humain, notamment.

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