Galileo Galilei :
savant chrétien ou hérétique ?



Le digne héritier d'Archimède

Galileo Galilei naquit à Pise le 15 février 1564. De son père Vincenzio, il hérita un goût prononcé pour la musique, la littérature, la philosophie, les mathématiques, ... Ces mêmes mathématiques qu'un ami de la famille, Ostilio Ricci, professeur à l'Académie de dessin de Florence, lui enseignera à titre privé, à compter de l'été 1583. Dès lors, son intérêt pour la rigueur et la logique de cette discipline au demeurant abstraite ne fera que croître, Galileo trouvant là un formidable outil de compréhension de la Nature environnante et des phénomènes dont elle est le siège. Un outil fiable qui plus est, puisque détaché de toute considération philosophico-religieuse ou sensorielle. Ces mêmes considérations qui faisaient de la science du XVIème siècle, qualifiée à juste titre d'aristotélicienne, une interprétation pour le moins subjective des phénomènes naturels.


Donner à la science les galons de l'objectivité, la développer sur des bases rigoureusement exactes - mathématiques en l'occurrence -, telle était l'ambition de Galileo. En celà, il s'inscrivait dans la droite lignée de ses prédécesseurs, au premier rang desquels figurait Archimède (287-212 avant notre ère). A l'instar de ce grand homme de science syracusain pour lequel il nourrissait une profonde admiration, et des techniciens de la Renaissance soucieux d'allier théorie et pratique, explication scientifique et vérification empirique, il utilisera les mathématiques à des fins essentiellement expérimentales. En témoignent l'invention de la balance hydrostatique servant à déterminer le poids spécifique de chaque corps (1586), et la formulation de divers théorèmes sur le centre de gravité des corps (1586-1587). Toutes ces avancées scientifiques lui valurent l'estime des mathématiciens les plus renommés de l'époque - celle de Guidobaldo del Monte et du jésuite allemand Christophe Clavius notamment -, ainsi que sa nomination à la chaire de mathématiques de l'Université de Pise, en 1589.

Archimède de Syracuse
(287-212 avant notre ère)


A ses étudiants de l'université de Pise, Galileo enseigna plus particulièrement la géométrie d'Euclide et le système de Ptolémée. A ce système, il préférera bien vite toutefois le système copernicien, fondé sur l'hypothèse héliocentrique - signe de la profonde maturation de sa pensée, au cours de ces trois années de recherche pisane sur la dynamique des corps - ou cinématique. Des années de recherche qu'il synthétisa en un ouvrage intitulé De motu antiquiora - littéralement, Plus anciens écrits concernant le mouvement. A ses yeux en effet, l'analyse des mouvements constituait l'indispensable préambule à toute étude scientifique des mouvements naturels - vision révolutionnaire pour l'époque, car loin, là encore, des schémas aristotéliciens en vigueur.

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