Le zodiaque circulaire de Dendérah.
Les temples d'Isis et Hathor à Dendérah.


Introduction

Le temple d'Hathor à Dendérah fait partie de ces merveilles architecturales que l'Expédition d'Egypte, conduite par le général Bonaparte, révéla au monde occidental. Et ce, grâce notamment aux magnifiques plans, croquis et dessins, qu'en réalisèrent Jollois et Villers du Terrage pour la Description de l'Egypte, Dominique Vivant Denon pour son non moins célèbre Voyage dans la Basse et la Haute Egypte pendant les campagnes du général Bonaparte. Ce dernier évoque ainsi le temple de Tintyra, que l'on nomme aujourd'hui Dendérah : "Je n'aurai point d'expression pour rendre tout ce que j'éprouvai lorsque je fus sous le portique de Tintyra ; je crus être, j'étais réellement, dans le sanctuaire des arts et des sciences ! Que d'époques se présentèrent à mon imagination à la vue d'un tel édifice ! Que de siècles il a fallu pour amener une nation créatrice à de pareils résultats, à ce degré de perfection et de sublimité dans les arts. [...] Jamais d'une manière plus rapprochée le travail des hommes ne me les avait présentés si anciens et si grands ; dans les ruines de Tintyra les Egyptiens me parurent des géants."

Et plus loin, d'ajouter : "J'aurais voulu tout dessiner et je n'osais mettre la main à l'oeuvre ; je sentais que ne pouvant m'élever à la hauteur de ce que j'admirais, j'allais rapetisser ce que je voulais imiter ; nulle part je n'avais été environné de tant d'objets propres à exalter mon imagination... Le crayon à la main, je passai d'objet en objet, distrait de l'un par l'intérêt de l'autre, toujours attiré, toujours arraché, il me manquait des yeux, des mains et une tête assez vaste pour voir, dessiner et mettre en ordre tout ce dont j'étais frappé. J'avais honte des dessins insuffisants que je faisais de choses si sublimes mais je voulais des souvenirs [...] je craignais que Tintyra m'échappât pour toujours." En guise de souvenir, Dominique Vivant Denon nous légua une magnifique reproduction du zodiaque ornant le plafond d'une chapelle osirienne érigée sur la terrasse du temple d'Hathor - cette carte du ciel de modestes dimensions (2,55m * 2,58m) qui, lors de sa découverte par le général Desaix en 1799, suscita d'intenses polémiques. Des polémiques relatives à la chronologie de l'humanité, en l'occurrence. Des polémiques que son rachat par la France de Louis XVIII, suivi de son arrivée à Paris en 1822, ne firent que raviver.


Le zodiaque de Dendérah tel qu'il apparut, haut en couleurs,
à Dominique Vivant Denon.


Le zodiaque date de quinze mille ans avant notre ère, clamaient certains ! De douze mille ans avant notre ère, clamaient d'autres ! Et ce, au plus grand mépris de la tradition biblique qui fixait la création du monde à quelques quatre mille ans avant notre ère. Ce qui, naturellement, occasionna la colère des autorités ecclésiastiques de l'époque. Fort heureusement, le travail de déchiffrement hiéroglyphique entamé quelques années plus tôt par Jean-François Champollion touchait à son apogée. Bientôt, il serait capable de lire le terme Autocrator sur le zodiaque, de formellement le dater de l'époque romaine donc, balayant ainsi chacune des hypothèses plus ou moins fantaisistes avancées jusqu'ici. Notre connaissance toujours plus approfondie de l'écriture et de l'histoire égyptiennes, alliée à l'étude astronomique de son contenu, allait bientôt permettre de le dater plus précisément encore ...

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