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Les premières horloges stellaires

Sur l'intérieur du couvercle de sarcophages de bois de quelques hauts dignitaires de la Première Période Intermédiaire et du Moyen Empire figure un tableau constitué tout au plus de douze lignes et de quarante colonnes. Au sein de chacune des cases de ce tableau figure l'appellation hiéroglyphique d'une étoile ou d'un groupe d'étoiles, ainsi que la présence du sigle sb# l'atteste. La même appellation hiéroglyphique - xry ort, par exemple - figure par ailleurs le long d'une seule et unique diagonale.


Horloge stellaire peinte sur l'intérieur du couvercle du sarcophage de Idy
(Assiout, Fin de la Première Période Itermédiaire)


Sur la ligne horizontale supérieure est mentionnée chacune des décades de l'année égyptienne : tpy sw, Hry-ib sw et Hry-pHwy sw, qui signifient respectivement "première décade", "décade centrale" et "dernière décade". Pour mémoire, l'année égyptienne était constituée de trois saisons de quatre mois - #Xt, prt et Smw -, divisés en trois décades ou périodes de dix jours chacun. Chacune des douze lignes de ce tableau se réfère par ailleurs à une heure de nuit : la nuit égyptienne était constituée de douze heures en effet, à la durée variable selon les saisons. Ces informations laissent à penser qu'il s'agit là d'une véritable horloge stellaire fonctionnant sur la base de l'observation d'étoiles dont les apparitions à l'est du ciel sanctionnaient une heure toujours plus tôt de la nuit, au fil des décades de l'année égyptienne.

Quelques-unes de ces étoiles sont mentionnées au sein de la bande d'inscriptions verticales : c#H-Orion et cpd-Sirius figurent ainsi aux côtés de la déesse du ciel Nwt, et de MSXtyw-la Grande Ourse. La bande d'inscriptions horizontales détaille quant à elle les offrandes que le défunt se devait de faire à diverses divinités - Ro, Nwt -, ainsi qu'à certains des astres mentionnés dans les cases du tableau stellaire : c#H, cpd, cmd, %#w, #Xwy, etc.

L'étude approfondie des vingt horloges stellaires dont nous disposons à l'heure actuelle (4), combinée à l'utilisation de modèles numériques appropriés, a récemment conduit à l'identification de chacune de ces étoiles - et, par voie de conséquence, à une meilleure connaissance de la forme et de l'appellation des constellations peuplant le ciel méridional de l'Egypte ancienne (5).

4. La première partie du dossier intitulé "Le ciel de l'Egypte ancienne : horloges stellaires, clepsydres et plafonds astronomiques" est entièrement consacrée à la description et au fonctionnement d'une vingtaine d'horloges stellaires dont nous disposons à l'heure actuelle. Plus d'infos ...
5. L'identification des étoiles peuplant le ciel méridional de l'Egypte ancienne a constitué l'objet de ma thèse de doctorat préparée au Laboratoire d'Astrophysique de Toulouse-Tarbes. Le diaporama de mon oral de soutenance constitue le résumé de ce travail. Il est disponible ici.

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