La création du monde selon les Textes des Pyramides et les Textes des Sarcophages
Ces corpus de textes funéraires ont été rédigés à compter de la fin de l'Ancien Empire, jusqu'à la fin du Moyen Empire, soit des environs du XXIVème aux environs du XVIIIème siècle avant notre ère. Ils relatent le passage du défunt dans l'autre monde, et notamment son passage de la mort physique à la renaissance dans l'au-delà. Ce récit du passage d'un mode d'existence à un autre emprunte nombre de concepts au mythème cosmogonique. Il est donc l'occasion de mieux connaître certains aspects du mythe de la création du monde.
A la lecture de ces textes, il apparaît que le Noun constitue le milieu de la préexistence, l'océan d'énergie primordial dont est issu le dieu créateur Atoum et à travers lui toute la création : ses enfants Chou et Tefnout dépositaires des principes de Vie et de Maât, le Ciel et la Terre séparés par le dieu de l'Air, les hommes également. La semence, le crachat, l'expiration, la sueur, les larmes, la parole, la volonté du coeur, le pouvoir intellectuel, la puissance de l'imagination, sont les différents modes de création dont dispose Atoum - substances matérielles et émanations immatérielles à la fois. Leur diversité explique la multiplicité des formes de vie dans l'univers : les dieux, les hommes, le cosmos, ...

La diversité des éléments du monde créé.
La vie est l'invention principale du créateur. Elle caractérise le monde actuel. Elle le distingue de l'état antérieur de la préexistence d'un possible état postérieur. Les textes funéraires envisagent cet état postérieur comme un retour, dans des millions de millions d'années, au milieu de la préexistence. Cet événement est donc imaginé comme la répétition négative de la création, comme la retraite définitive du créateur dans le Noun après qu'il ait détruit l'ensemble de son oeuvre. Ce qui a été créé sera alors dans l'état de ce qui n'a pas été créé (3).
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