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L'orientation astronomique des pyramides d'Egypte

Près d'une centaine de complexes pyramidaux de dimensions très diverses parsèment la Terre d'Egypte. Le plus ancien date du tout début de l'Ancien Empire, soit du XXVIIème siècle avant notre ère. Il a été attribué au pharaon Djoser. Une pyramide à degrés surmonte la façade à redans et de nombreux édifices cultuels. Sous le règne du pharaon Snéfrou, la pyramide à parois lisses fit son apparition : à Meïdoum tout d'abord, à Dachour ensuite. Celles des pharaons Khéops, Khéphren et Mykérinos, qui surplombent le plateau de Gizeh, figurent parmi les mieux préservées. Leurs faces sont presque exactement orientées en direction des points cardinaux : nord, sud, est, ouest - signe de la perfection d'exécution de ces édifices. Aucun complexe ultérieur n'inspire de respect plus profond, en raison de l'état de délabrement dans lequel ils apparaissent bien souvent. Leur richesse est ailleurs. Elle réside dans ces textes hiéroglyphiques qui, à compter du règne du pharaon Ounas, soit de la première moitié du XXIVème siècle avant notre ère, ornent leurs parois intérieures. Des textes relatifs au passage du défunt dans le monde de l'au-delà. Les Textes des Pyramides.


Quelques-unes des pyramides érigées le long de la rive occidentale du Nil.


Aucun texte de cette époque ne révèle la méthode utilisée à orienter ces édifices. Pour cette raison sans doute, de nombreuses hypothèses ont été avancées, au cours du siècle dernier, par les égyptologues et les astronomes du monde entier. Des hypothèses de nature astronomique, reposant pour certaines sur l'observation des positions de lever et/ou de coucher des astres ; pour d'autres, sur l'observation des positions de culmination d'étoiles circumpolaires. Si les premières semblent fournir une explication simple des écarts à l'orientation cardinale relevés sur quelques pyramides de l'Ancien Empire, les secondes, beaucoup plus complexes à expérimenter, séduisent davantage en revanche la communauté égyptologique. La raison en est simple : divers bas-reliefs datant du Nouvel Empire et de l'Epoque Ptolémaïque montrent Pharaon et la déesse Seshat procédant, dans le cadre de la cérémonie de l'extension du cordeau, à l'orientation d'édifices sacrés en suivant le mouvement de mSXtyw - la Grande Ourse, dans le ciel nord.

Pharaon et Seshat procèdent à l'extension du cordeau.


La conception d'un logiciel permettant de déterminer la source astronomique d'orientation de tout édifice a toutefois récemment permis de formuler une nouvelle hypothèse orientationnelle réconciliant la réalité astronomique de l'époque et le contenu textuel des vestiges archéologiques : une hypothèse reposant sur l'observation répétée, sur plusieurs centaines d'années, des positions de coucher héliaques ou nocturnes d'un couple d'étoiles très brillantes : alpha et beta Canis Minoris (2).

2. Un dossier entièrement consacré aux pyramides d'Egypte, à la chronologie de leur édification, à leur architecture interne et externe, à l'orientation astronomique de leurs faces, est disponible ici.

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