Pierre et Marie Curie :
un couple de légende



Le legs à la postérité

Mais sans doute l'une des cérémonies solennelles les plus touchantes eut-elle lieu au printemps 1995, à l'occasion du transfert des cendres de Pierre et Marie Curie au panthéon. Ultime hommage de la nation à ces grands esprits qui ont fait la science d'aujourd'hui. Ultime consécration pour cette femme honorable... la première à entrer au panthéon pour son oeuvre.

Cette oeuvre est d'une qualité rare, très rare, qui ne se résume pas à son seul travail scientifique, pourtant déjà conséquent. Bien plus qu'une ouvrière de la science, Marie apparaît aujourd'hui comme un véritable symbole en effet : le symbole de cette lutte acharnée pour la liberté de l'esprit et de l'être tout entier. Parce qu'aucun obstacle ne lui paraissait réellement insurmontable : ni ses origines polonaises, ni sa condition de femme, ni même le manque d'argent, encore moins ses rudes conditions de travail. Des conditions de recherche qui, après la Grande Guerre, s'amélioreront sensiblement, avec la construction de l'Institut du Radium. Son Institut, au sein duquel elle formera et dirigera toute une équipe de jeunes chercheurs talentueux, dont certains verront eux aussi leur travail récompensé par l'attribution du prix Nobel. Ainsi sa fille Irène et son gendre Frédéric Joliot, pour leur découverte de la radioactivité artificielle, cette propriété qu'ont certains atomes stables, tels l'aluminium, de se transmuter en éléments radioactifs sous l'effet d'un bombardement de particules extérieures, les particules alpha émises par le polonium en l'occurrence.

En l'espace de 33 ans, rien moins que cinq prix Nobel seront ainsi décernés aux membres de la famille Curie... une famille décidément bien exceptionnelle !


Marie, accoudée au balcon de
l'Institut du Radium

Page suivante