Pierre et Marie Curie :
un couple de légende



L'attribution du Nobel

En cette fin de XIXème siècle semblait souffler comme un vent de folie sur la communauté des chercheurs, qui commençait à se structurer, à se scinder autour de thèmes de recherche alors en vogue - des thèmes aujourd'hui considérés comme fondamentaux, puisqu'enseignés au sein des universités du monde entier. Ainsi, les phénomènes électriques et magnétiques étaient-ils l'objet de nombreuses attentions. L'atome, quant à lui, commençait à mobiliser tous les esprits, toutes les énergies créatrices de cette époque charnière pour la science. Son existence, que le Grec Démocrite avait supposée quelques deux mille ans auparavant, se trouvait soudainement confirmée, en l'an 1897, par un physicien britannique du nom de Joseph John Thomson (1856-1940). Les rayonnements que telle ou telle substance chimique émettait, sous l'effet ou non de la lumière ambiante, venaient eux aussi d'être découverts. Parce que l'on en ignorait l'origine exacte, certains de ces rayons furent baptisés X par leur découvreur, Wilhelm Konrad Röntgen (1845-1923). D'autres, parce qu'ils provenaient de sels d'urane, furent qualifiés d'uraniques par Henri Becquerel (1852-1908).

L'étude de ces rayons émis par les composés d'uranium, tels la pechblende, fit l'objet de la thèse de doctorat de Marie Curie. Un travail long, pénible, minutieux, qui aboutit à la découverte d'autres éléments radioactifs, parmi lesquels le thorium, ainsi qu'à celle de nouveaux éléments chimiques : le polonium et le radium. Pour avoir mis en évidence cette formidable énergie libérée par ces atomes, pour avoir su en expliquer l'origine, pour avoir ouvert une nouvelle voie de recherche, Pierre et Marie se virent attribuer, conjointement à Henri Becquerel, le prix Nobel de physique en l'an 1903. Un second prix Nobel, de chimie celui-là, sera décerné à Marie, en 1911, et ce, en vue de récompenser sa forte contribution aux avancées de cette science.

Dans l'obscurité, la présence du
radium se révèle par l'énergie
lumineuse qu'il dégage.

Page suivante

Page suivante