| Ainsi, jamais ou presque Marie ne vit dans sa condition de femme un réel obstacle à son "rêve scientifique". Sa terre d'enfance, la Pologne, sous le joug alors des Russes, des Allemands et des Austro-Hongrois, refusait l'accès des femmes à l'université. Quelle importance ! Il lui suffirait de pourvoir, plusieurs années durant, à l'éducation d'enfants de familles bourgeoises, afin d'économiser quelque argent. Puis elle prendrait le train pour la France, elle continuerait ses études à Paris, dans cette prestigieuse université qu'est la Sorbonne - une université dont la seule évocation du nom faisait naître tant d'espoirs en elle. L'existence austère qu'elle y mènera, des années durant, ne suffira pas même à atténuer sa soif de connaissances, sa soif de compréhension des phénomènes naturels. Parce qu'une passion ne se maîtrise pas ! C'est elle au contraire qui vous assujettit, qui guide votre esprit, qui guide votre vie. |