Science et Croyances dans l'Antiquité grecque (3/5)
Nombre de penseurs héllènes s'accordèrent sur l'idée d'un Maître d'Oeuvre en effet, grand ordonnateur d'un monde qui se serait formé à partir d'une (Thalès, Anaximandre, Anaximène, ...), de deux (Xénophane de Colophon, Parménide d'Elée, ...), de trois (Ion de Chio), de quatre (Empédocle d'Agrigente, Platon, Aristote, ...), voire d'une infinité (Anaxagore de Clazomènes) de substances primordiales. Ces même substances (air, terre, eau, feu, ...) que les Pythagoriciens, tels Philolaos de Tarente (Vème siècle avant notre ère), considéraient comme secondaires, issues d'une seule et même racine, d'un arché unique en quelque sorte, le nombre en l'occurrence.

Dans l'Antiquité grecque, l'idée d'un Dieu responsable de la structuration progressive des éléments de l'univers à partir d'une ou de plusieurs substances primordiales prédominait sur toute théorie arithmétique ou mécanique.
Pour la première fois, une origine autre que divine était donc attribuée à notre univers de matière. En cela, Leucippe de Milet (vers 460-370 avant notre ère), Démocrite (vers 460-370 avant notre ère), Epicure (341-270 avant notre ère) et Lucrèce (vers 99-55 avant notre ère) leur emboîteront le pas, considérant le vide et les atomes, ces corpuscules de matière invisibles et indivisibles, comme les seuls vrais principes, comme l'origine de toute chose et de tout être peuplant le Ciel et la Terre. Leur théorie atomique n'est autre qu'une vision purement mécaniste de l'univers en effet, attribuant au hasard seul la formation des conglomérats d'atomes, la responsabilité de tout ce qui existe, donc : la multitude de corps observés, l'infinitude du nombre de mondes, le bien et le mal, ...
De mal, il ne saurait être question en revanche, aux yeux de Platon et Aristote : l'architecte divin n'avait-il pas pour dessein de construire le meilleur et le plus beau des mondes possibles en effet, au travers le parfait agencement des éléments primordiaux qui le constituent ? Cette notion de perfection, d'esthétisme divin, si chère à Platon, constitua d'ailleurs l'un des fondements de l'astronomie grecque.
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