Science et Croyances dans l'Antiquité grecque (1/5)
Parce qu'elle sut intégrer toute nouvelle notion au sein de son panthéon, combinant astucieusement concepts scientifiques et mythologiques, la civilisation égyptienne fut l'une des plus pérennes, des plus stables, que le monde ait jamais connues. Plus qu'une référence, elle constituait une véritable Source de Connaissances aux yeux des premiers penseurs héllènes. Aux yeux de Thalès (vers 625-547 avant notre ère), de Pythagore (vers 570-490 avant notre ère) et de Platon (vers 428-347 avant notre ère), notamment.
Dans le Timée, Platon raconte d'ailleurs que, visitant l'Egypte, Solon fut reçu par un vieux prêtre, devant lequel il évoqua les annales de sa patrie. Son hôte, alors, l'interrompit : "Vous autres Grecs, vous êtes toujours des enfants : il n'y a pas de vieillards en Grèce... - Que veux-tu dire ? demanda Solon. - Vous êtes jeunes d'esprit, car vous ne possédez nulle tradition vraiment antique, nulle notion blanchie par le temps ..." A cette époque, la civilisation pharaonique comptait déjà plus de deux mille cinq cents ans d'existence, en effet - d'une existence rythmée par la construction de temples, pyramides et autres tombeaux ornés de multiples inscriptions hiéroglyphiques. Autant d'édifices attestant de solides connaissances architecturales. Autant d'inscriptions témoignant d'une culture évoluée. En comparaison, la civilisation grecque n'en était qu'à ses balbutiements. Elle faisait figure d'enfant, d'un enfant qui avait tout à apprendre de la Terre des Pharaons.
Sur les rives du Nil, dans les villes du delta et de la thébaïde principalement, encore riches de nombreux sanctuaires abritant chacun une Maison de Vie, les premiers penseurs héllènes s'installèrent donc, quelques années durant... le temps de collecter tout ou partie des informations que leurs illustres prédécesseurs avaient patiemment recueillies au moyen d'observations répétées sur plusieurs milliers d'années, et soigneusement recopiées sur des rouleaux de papyrus, sur des couvercles de sarcophages, au plafond d'édifices sacrés, ... Telles ces listes d'étoiles ornant le plafond de temples et tombeaux du Nouvel Empire - des listes d'étoiles divinisées, faut-il le rappeler, chacune d'elles étant rattachée à une ou plusieurs divinités du panthéon égyptien, en effet.

Au plafond de la tombe de Senmout, le célèbre architecte de la reine Hatchepsout (XVIIIème dynastie), les noms de divinités du panthéon égyptien (Osiris, Isis, Horus, Seth, Nephtys, Hapy, Imseti, Duamutef et Qebehsenuf) accompagnent ceux des étoiles décanales mentionnées, ceux des planètes également.
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